Cannes. Petite histoire illustrée des piscines ouvertes au public : « La piscine olympique du Palm Beach. »

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Nice, Monaco, Menton, brûlèrent la politesse à Cannes en matière d’établissements aquatiques ouverts au public. Les riches résidents, le plus souvent étrangers qui firent de Cannes une station de villégiature dotèrent rapidement leurs villas de bassins et de plans d’eau mais bien sûr à usage privatif. Les pratiquants sportifs, férus de quatre nages, se contentèrent longtemps de la Grande bleue pour s’entraîner. Ce qui n’empêchât pas quelques Cannois, entre les deux guerres, de se distinguer en water-polo et dans des épreuves de traversées.



- Le Palm Beach des années 30 - 


La première piscine privée ouverte au public fut celle du Casino d’été du Palm Beach. Cet établissement mythique dont la construction commença en 1928 et se termina en 1951, se dota d’une piscine olympique. De nombreuses compétions de natation, de water-polo et de plongeons s’y déroulèrent. Alex Jany notamment y battit un record du monde sur le 100 mètres crawl, une performance qui ne fut pas gardée en mémoire car réalisée en eau de mer (censée représenter un avantage chronométrique)… En 1963, il servit de décor pour le film d’Henri Verneuil, « Mélodie en sous-sol » avec Alain Delon et Jean Gabin. Ouvert au public de mai à septembre de nombreux Cannois se retrouvaient dans ce lieu magnifiquement situé à la pointe de la Croisette, face à l’île Sainte Marguerite et bénéficiant d’un vue superbe sur les montagnes de l’Estérel.



- plongeoir en bois, match de water-polo, 1930 -


Les athlètes de l’École militaire de sports d’Antibes avaient demandé et obtenu l’autorisation de venir s’entraîner dans le seul bassin olympique de la région. Les joueurs de roulettes qui les croisaient au petit matin ne semblaient guère dérangés par leur présence matutinale. Jusqu’au jour où, le PDG du moment, un certain Filloux, décida de dissuader ces sportifs de venir y pratiquer leur sport. En oubliant d’avertir la municipalité - qui de toute façon ne pouvait rien refuser à ce pourvoyeur de taxes diverses et variées - il en fit modifier durant la fermeture hivernale les dimensions, de façon à rendre le bassin impropre à l’organisation de compétitions et de prises de temps…



- la piscine... rectifiée, 1963 -


Les années passaient, l’industrie des jeux ne cessait elle de progresser grâce notamment à un audacieux chef d’entreprise, Jean Marie Toutain. Mais l’établissement finit par vieillir, la Terrasse du Masque de fer n’accueillit plus les somptueux galas qui jalonnaient l’été de la Riviera française jusque dans les années 80. Les jeux français firent de moins en moins recette. Quant à la piscine qui n’était plus olympique, elle fut vidée puis abandonnée à un triste sort vers la fin des années 90. Il faut dire qu’alimentée en eau par une conduite d’eau, et surtout le fait qu’il n’y avait aucun système de traitement (on gardait la même eau durant une semaine, y ajoutant discrètement quelques bidons de Javel, puis on vidangeait, lavait les murs et rebelote), elle n’était depuis longtemps plus aux normes…



- années 70/80 -



- le plongeoir de cinq mètres raccourci à 3 mètres...


De nombreux projets, freinés par l’imbroglio juridique autour de ses propriétaires présumés, réapparaissent régulièrement. Dernier en date, celui présenté par Patrick Tartary et David Barokas. Il nécessitera d’importants investissements tant les installations sont vétustes. Sur les plans, l’architecture art déco est conservée, l’allure générale aussi. Plus de casino mais une salle de spectacle impressionnante, une restauration haut de gamme, la terrasse du Masque de fer remise en service… La piscine retrouverait sa place et ses dimensions originelles, plongeoir de cinq mètres y compris. Une place idéale pour l’organisation de shows aquatiques et de ballets synchronisés !


- à venir : piscines du Gallia Tennis Club, du Montfleury, du Club House du Port Canto, des Oliviers, de Coubertin et du Grand Bleu...