Cannes. Petite histoire illustrée des piscines ouvertes au public : « Le Montfleury »…

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Catégorie Pays de Lérins

Il faudrait plutôt dire les piscines du Montfleury car celle inaugurée en 1962 fut abandonnée, livrée au pillage, squattée, détruite. Bien des années plus tard, en 2013, une autre fut construite dans le même périmètre.




C’est aux pieds de l’hôtel Montfeury dont la construction commença en 1865, dans un parc arboré d’imposants chênes, palmiers, pins… que Lucien Barrière entreprit de faire construire, un bassin découvert de 33 mètres sur 15, doté de tremplins à 1 et à 3 mètres et d’une plateforme à 5 mètres. Un véritable bijou dans un écrin de verdure. Ouvert aux clients de l’hôtel mais pas que. Le public y avait accès et, un accord avec la municipalité, permit plus tard aux scolaires et aux clubs de le fréquenter. Le bâtiment art-déco racheté par François André en 1953, devait être rasé et remplacé en 1976 par un nouvel hôtel avenue Beauséjour complété par des immeubles en copropriété, boulevard Montfeury, sur l’emplacement exact de l’ancien hôtel. Les tennis et le Club house tenus par Jacqueline et Jean De Tremeuge, furent agrandis, et plus tard, une petite patinoire fut adjointe pour le bonheur des jeunes Cannois.



- départ du côté petit bain, les nageurs n'ont ni bonnet, ni lunettes, 1962 -


La piscine originelle fut inaugurée en 1962 par Lucien Barrière. Les meilleurs nageurs azuréens s’y mesurèrent ce jour-là. Comme tous les bassins de 33,33 mètres, il fallait effectuer 3 longueurs pour parcourir les 100 mètres traditionnels. Ce qui obligeait à des plongeons départs délicats, côté petit bain, peu profond... Les nageurs locaux, y compris ceux qui s’étaient exilés à Grasse pour bénéficier de meilleures conditions comme Max Delys, les frères Lassalle, Pierre Fauroux... bénéficièrent rapidement de cet outil exceptionnel sous le regard bienveillant de Lucien et Martha Barrière qui déjeunaient souvent autour de la piscine. René Schoebel qui avait œuvré si longtemps pour la construction d’un bassin à Cannes obtint l’autorisation d’utiliser celui-ci. La section natation de l’ASC allait-elle enfin pouvoir se développer ? Pierre Barbit qui venait de perdre sa place de directeur de la piscine du Palm Beach, fut contacté. Après avoir hésité, il remarqua quelques nageurs prometteurs parmi lesquels Pitou Marguier, Christian Nigoux, M. Brown, les frères Biancamaria, Jean-Philippe Andraca et en seulement deux étés d’entraînement les amena au niveau régional. Pour leur faciliter l’accès au bassin, une section de natation attachée au club de tennis fut créée.


Mais, pour passer du niveau régional au national, un entraînement estival n’était plus suffisant. Ils convainquit certains d’entre eux en 1968 de le rejoindre à Paris et les fait signer au Racing Club de France qu’il avait quitté quelques années auparavant. Jean-Philippe Andraca fit trembler les chronos et prépara le terrain pour son frère Pierre qui fut un des meilleurs nageurs français de 200 et de 400 mètres crawl de 1976 à 1981..




Pressé par la mairie de recevoir les scolaires, Lucien Barrière convint qu’il était souhaitable de couvrir le bassin pour l’ouvrir toute l’année. Il fut décider d’utiliser une couverture en tissu composite qui se gonflait à l’aide d’air pulsé. Bien que bruyant, ce système remplit ses fonctions durant deux ou 3 années avant de s’envoler un jour de grand vent. Il fut remplacé par une couverture en plusieurs sections rétractables qui donna entière satisfaction. Par quels concours de circonstances, cette piscine tenue en parfait état par son directeur Jean De Tremeuge et son responsable technique Paul Davin (surveillée par Jean Vivès, Guy Ledroff et Georges Cantagrill), en vint à fermer et à être livrée pendant des années au pillage pour finalement être comblée ? Un immense gaspillage dû paraît-il à un imbroglio juridique entre le Groupe Barrière, les actionnaires du nouvel hôtel et la mairie de Cannes, au sujet de la propriété du terrain… un peu comme pour le site de la Pointe du Palm Beach sur lequel fut construit le casino d’été.



- Nice-Matin, 1966 -


Un peu plus de vingt ans après, le litige enfin résolu (que ne le fut-il pas avant...), la municipalité Brochand/Lisnard pour répondre aux besoins et aux demandes du public, des écoles et des clubs sportifs, réhabilite enfin le site et y installe de nouveaux courts de tennis, un club house et un nouveau bassin en acier couvert/découvrable et chauffé, de 25 x 12,50 mètres cette fois, avec un bassin école et une pataugeoire. Aussitôt ouvert, aussitôt rempli, l’offre cannoise sera bientôt complétée par la construction du complexe du Grand Bleu à La Bocca (composé d’un bassin découvert de 50 x 25 mètres, d’un bassin école de 25 x 10 mètres et d’une pataugeoire) et la piscine des Oliviers réservée aux scolaires et aux clubs. Une offre qui ne couvre pas entièrement les besoins de la population surtout si l’on prend en compte le fait, qu’à part Mougins et sa piscine Tournesol de 25 x 10 mètres, les autres communes qui font partie de la communauté d’agglomération Pays de Lérins, ne possèdent pas de piscines municipales sur leur territoire pour y accueillir les scolaires, les associations sportives et un public de plus en plus demandeur.



 - la nouvelle piscine du Montfleury -


- précédemment, la piscine du Palm Beach, celle du Gallia Tennis Club ; à venir la piscine du Club House du Port Canto…