Cannes. Petite histoire illustrée des piscines ouvertes au public : « Le Gallia Tennis Club »…

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Catégorie Pays de Lérins

Comme celle du Palm Beach, la piscine du Tennis du Gallia a disparu.



- piscine du Gallia Tennis Club, 1960 -


La minuscule piscine découverte du Gallia Tennis Club (premier club au monde en terre battu), ne fit guère parler d’elle. Réservée à ses membres et à leurs amis, ses dimensions (20 mètres sur 8 mètres) ne lui permirent pas d’organiser de compétitions officielles. Néanmoins, quelques nageurs cannois purent s’y entraîner et participer, au début des années 60, à des rencontres officielles. En 2010, le club mit la clef sous la porte, pour laisser la place à un complexe immobilier…


A la fin des années 50, la situation des nageurs sportifs était assez aléatoire et, hormis de rares privilégiés qui pouvaient discrètement effectuer quelques séances d’entraînement estival à la piscine du Gallia ou à celle du Palm Beach, l’entraînement se passait essentiellement dans la Grande bleue. Les maires se succédaient mais aucun n’envisageait de construire un bassin municipal.



Pourtant, René Schoebel, président de la section natation de l’ASC, ne ménageait pas ses efforts pour que la ville de dote d'un complexe aquatique. Dirigeant et entraîneur bénévole, chaque été, il donnait rendez-vous à de jeunes volontaires à la plage publique (aujourd’hui disparue), qui jouxtait celle du Martinez dont il avait la direction. Entre deux cours de ski nautique, René prenait le temps de prodiguer ses conseils. Ainsi, quelques Cannois purent participer à des compétions départementales dès la fin des années 50/début 60. Max et Myriam Delys, Martine et Christian Simon, René Chuchana, les frères Dufay, Maurice Maglia, furent de ceux-là. Avec comme handicap, l’absence de repères pour effectuer leurs virages dans un bassin en dur…



- ASC - ponton du Martinez, juin 1961 - 


Têtu comme l’Alsacien qu’il était, René Schoebel, se servant des résultats flatteurs obtenus par plusieurs de ses protégés, fit pression sur les maires de l’époque, notamment Bernard Cornut Gentille qui, impressionné par les médailles remportées par un Max Delys au niveau régional et un Alain Dartigues au plan national (1963/64), ne fut pas pour autant convaincu de la nécessité d’une installation ad hoc : « Pourquoi auriez-vous besoin d’une piscine pour vous entraîner, vous avez la mer ! »


Pas découragé pour autant, René osa à l’été 63 utiliser le bassin de 33 mètres ouvert sur la mer du « Palais des Sports ». Situé à l’emplacement exact où se construisit le Port Canto, c’était une ruine qui, plus est, dangereuse. Le lieu était truffé de barbelés, restes de l’occupation allemande et de nombreuses ferrailles pointées hors du béton. Voilà ce qui restait d’un des nombreux projets avortés de Sacha Stasviski, l’homme par qui le scandale était arrivé et qui, en 1934 ,« se tua d’une balle tirée à trois mètres ». Il avait disait-on le bras long mais quand même. Bref, les séances d’entraînement se firent dans des conditions hasardeuses, inimaginables aujourd’hui mais maintinrent la flamme des nageurs cannois et de leurs parents...



- Palais des Sports, 1963 -


Autre tentative de pérenniser l’exercice de la natation sportive à Cannes, celle de l’été 65. Avec l’appui de Pierre Poési, un des principaux responsables du club omnisports de l’ASC, René fit installé une modeste base d’entraînement sur la plage publique du Casino municipal. Quelques bouées pour délimiter le plan d’eau, une cabane démontable pour entreposer le matériel… suffisant pour initier un jeune public à la natation sportive et leur faire goûter aux frissons de la compétition. On se rappelle d’Hervé et Sylvain Mascarau, Joël Borron, Hervé et Sylvain Pascalini, Jean-Claude Reichstadt, Marc Chavanne (futur président du Syndicat des plagistes)... Mais, difficile, sans piscine, de se mesurer à égalité avec les nageurs de Nice qui disposait de la piscine du Piol et, logiquement, monopolisaient les titres lors des rencontres départementales. Les nageurs les plus motivés tentaient leur chance en signant à l’ASChiris ou au CNA et avaient ainsi accès à la piscine privée des usines de parfums Chiris pour les premiers et pour les seconds à celle de la famille Weisweiller à Antibes.



- ASC, été 1965 -


Malgré la rareté de piscines d’entraînement ouvertes au public, quelques nageurs cannois participaient régulièrement à des compétions en eau libre, notamment la traversée de la Baie Cannes. Elle se tenait chaque 15 août. Le départ se faisait au niveau de la pointe du Batéguier, à l’extrême ouest de l’île Saint Marguerite. Quatre kilomètres plus loin, l’arrivée s’effectuait sur la plage du Midi, traditionnellement celle des Flots Bleus tenue par le professeur Barrioz. S’y distinguèrent particulièrement Robert Desmons et sa fille Mireille, Luc Simon. L’augmentation exponentielle du trafic nautique dans cette zone sonna la fin de ce parcours vers le milieu des années 60 pour des raisons de sécurité. La compétition fut reprise par l’adjoint aux sports de Michel Mouillot, Jean Wohl. Elle se tient désormais début septembre et se déroule parallèlement au rivage (départ plage publique boulevard Jean Hibert, vers les Rochers rouges de La Bocca et retour).



- août 1962 -


- article précédent, la piscine du Palm Beach, à venir, les piscines du Montfleury.