Mexico. Couleurs locales…

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Au début des années 70, j’ai eu l’opportunité et le bonheur de passer une année complète au Mexique, dans cet immense pays, qui cultive la diversité comme un trésor. Je me trouve maintenant à un âge où j’en feuillette les vieux albums photos avec une certaine nostalgie. Mais sans regret d’un passé passé qui a permis de construire un avenir à rallonge.



 - dans la jungle, Palenque, clé de voûte maya -


J’ai longtemps privilégié les photos en noir et blanc. Le contraste rend les scènes plus dramatiques, plus saisissantes, souvent plus significatives. C’est donc avec une certaine émotion que j’ai retrouvé cette boîte remplie de vieilles diapos en couleur. Beaucoup ont mal vieilli mais évoquent toujours ce Mexique magique que les touristes européens apprenaient à découvrir. C’était mieux avant ? Débat d’arrière garde ! Là, n’est pas la question. Ces photos décolorées font ici seulement office de témoignage. Le monde change, il est plus violent, le Mexique aussi et les civilisations amérindiennes n’y avaient pas été de mains mortes, pratiquant en leur temps des sacrifices humains en grand nombre. Même si tout le monde n’était pas logé à la même enseigne, la planète a connu, ici et là, à de différentes périodes, de petits âges d’or. Aujourd’hui, à l’heure de la globalisation, rares sont ceux d’entre nous qui échappent aux révolutions provoquées par le numérique, les guerres et le climat. Sans doute Gaia n’a pas dit son dernier mot et établira un équilibre entre ses occupants et la nature, que ça nous plaise ou non.

Mon aventure mexicaine avait commencé par une arrivée de nuit sur un vol Miami Mexico city. La ville illuminée de mille feux, aux rues quadrillées et aux avenues interminables, semblait infiniment plate. Neuf millions d’habitants déjà, en attendant mieux… même arrivée féerique à Acapulco. J’y resterai le temps d’une saison avec le Club Med, avec un intermède comme accompagnateur d’excursion notamment dans le Yucatan. Mais, ne cherchant pas à faire carrière comme Gentil Animateur, je prendrais mon maigre bagage avec l’intention d’approfondir ma connaissance de ce pays aux mille et une facettes, quatre fois plus grand que la France. Quoi de plus différent en effet d’Isla de Mujeres que San Christobal de Las Casas carrefour culturel des ethnies des Chiapas, de Oaxaca que de San Miguel de Allende. Quant aux restes époustouflants des civilisations mayas, aztèques, toltèques, qui se sont succédé, elles ont toutes leurs particularités et leur grandeur. Et pour compléter le tableau, prenons de la hauteur . Une excursion vers le volcan fumant du Popocatepelt (5 426 m) jusqu’à 500 mètres du sommet. Et, pour clôturer, Mexicali à la frontière de la Californie signait le terme de ce parcours… initiatique.



- Popocatepel, courrier aérien illustré -
 

J’ai majoritairement choisi l’autobus pour parcourir les longues distances qui séparent les États entre eux. On y trouve beaucoup de familles, car les tarifs sont raisonnables. Il n’est pas rare d’ailleurs de partager son espace avec des membres plumés et souvent bruyants. Je n’avait que l’embarras : Estrella Bianca, Estrella de Oro, Estrella del Norte et une dizaine d’autres compagnies de bus qui rendent possibles mes rêves… Sur les bords de routes de l’État de Guerrero par exemple, des jeunes proposent des iguanes vivants, la mâchoire cousue ; leur chair et leur ossature frêle, ne sont pas pas sans rappeler nos civets de lapins.


- une hacienda -

Situés dans le Yucatan, Chichen Iza, Uxmal, et Palenque étaient à l’époque les destinations vedettes des touristes déjà internationaux, mais les Mexicains non plus ne boudaient leur plaisir. Si l’on prenait la précaution de venir tôt le matin, on bénéficiait de conditions optimales pour les visites et toute l’attention des guides. Depuis, les fouilles dans la jungle ont révélé de nouvelles constructions amérindiennes et de nouveaux trésors. Autre destination moins cotée, le vaste site archéologique de Monte Alban, au sommet des collines voisines de Oaxaca, protégées des foules par le fait d’être situées un peu en dehors des parcours proposés par les Agences de voyages. Aujourd’hui, tout le monde en veut un bout, tout le monde ou presque, veut son nom gravé sur un feuille de cactus, rapporter photos, selfies et vidéos qui dormiront des décennies dans un tiroir… jusqu’à ce qu’ils réveillent des souvenirs qui, au fond, n’appartiennent qu’à son propriétaire… comme moi.



- le village de San Miguel de Allende -


C’est certainement le site de Chichen Itza qui est le plus connu et qui concentre toutes les attentions. Celui d’Uxmal vient juste après. Moins accessible, Palenque, situé aux frontières de la jungle, est pour moi le plus spectaculaire. Monte Alban fait figure de parent pauvre, malgré son étendu et sa situation. Les spécialistes jugeront…



- Chichen Itza, la plus spectaculaire -


- Uxmal, la montée la plus pentue -


- Palenque, aux portes de la jungle, la plus spectaculaire -


- le site de Monte Alban atteste de la présence des Zapotèques -


- Taxco, la Florence mexicaine -


- récolte du sisal, une agave -


- séchage de la fibre du sisal -


- le village de Tule, et son arbre bimillénaire -


- le marché de Tulé -


- dans le train, entre Mérida et Palenque, avec un Gentil Membre du Club Med,
M. Pinard, franco-québécois, exportateur de scies -