L’avenir passe-t-il par... la Chine ?
Le monde de demain se construit-il en Chine ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser lorsqu’on dispose de suffisamment d’informations. Pierre Bourque revient de plusieurs semaines de voyage dans le sud du pays où il a multiplié les visites dans les plus grandes villes. Il a aussi exploré la ruralité de ce pays qui bouleverse toutes les normes connues (suite de l'article : « La Chine avance vers le futur… à toute vitesse. »)

- Shenzhen -
La géo-politique récente replace, s’il le fallait, la Chine sur le devant de la scène. Même si elle se situe à des milliers de kilomètres de l’Ukraine et d’Iran, elle fait partie de la problématique. Elle est ainsi concernée par la crise pétrolière pour pourrait ralentir sa croissance et différer de nombreux projets. Mais elle semble être, plus que bien d’autres, susceptible d’assumer ces aléas. Son marché intérieur est considérable et elle a déjà pris des mesures fortes pour diminuer sa dépendance aux énergies fossiles.
Le livre référence d’Alain Peyrefitte « Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera », paru en 1973 , s’est révélé prémonitoire. La réussite économique de l’Empire du Milieu est indéniable et a définitivement changé la donne. L’avenir passe désormais par la Chine, pour le meilleur et, dirons certains, pour le pire. Pendant ce temps, les USA sont en crise sociétale autant que politique, en partie à cause des pantalonnades et des dangereuses pitreries de... Donald. Pendant ce temps, l’Europe est à la traîne malgré d’incontestables atouts. L’Afrique et l’Amérique du Sud sont de simples spectateurs et font de leur mieux pour « faire avec ». Taïwan et le Japon sont eux sous constante et haute surveillance… d’impitoyables prédateurs .
Dans les médias, la mode est aux spécialistes à qui on donne la parole sur des sujets d’actualité, si brûlante est-elle. L’expérience passée et récente de Pierre Bourque en fait un observateur et commentateur crédible et fiable. De retour au Québec, il travaille maintenant à l’édition d’un ouvrage illustré sur son périple en Chine. Il a appris à apprécier ce pays et incite vivement touristes, curieux, décideurs et entrepreneurs à faire le voyage. Il livre ici sa conclusion :

- main artificielle reliée au cerveau, usined'Hangzhou -
« Mes soixante séjours en Chine depuis les années 80 m’ont permis de connaître et d’aimer ce vaste et beau pays dont l’histoire et la diversité est sans comparaison avec aucun autre. La Chine fait un peu partie de moi, elle vit en moi par les amis et les rencontres, les paysages, son histoire. Je la compare comme civilisation au rôle que joue les orchidées dans le domaine végétal. On pourra les étudier durant toute une vie humaine mais jamais nous ne pourrons les connaître totalement.
Ce voyage n’aurait été possible sans la présence et l’aide de mon ami Wen Qi qui m’a tant enseigné sur son pays d’origine et qui m’a accompagné depuis près de 40 ans autant au Jardin botanique, à la mairie de Montréal qu’au sein de notre entreprise ‘Constellation Monde’. Longtemps et encore aujourd’hui, il incarne la Chine Éternelle, belle et ouverte sur le monde.
Sauf à Shanghai où nous avons croisé quelques touristes blancs, européens ou américains, j’ai été frappé par l’absence de ces mêmes touristes presque partout en Chine malgré l’achalandage énorme dans les parcs, les musées, les temples et autres lieux touristiques. À Guangzhou, plusieurs voyageurs fréquentaient notre hôtel mails ils étaient plutôt des acheteurs venant d’Afrique, du Sud-Est asiatique ou des îles du Pacifique. Le tourisme en Chine a beaucoup souffert de cette absence occidentale, ce qui n’a pas empêché les grands groupes européens de luxe ou les McDonald, Starbucks et Kentucky Fried Chicken d’être présents sur tout le territoire.

- Xishuanbanna, sud du Yunnan, Troupes-folkloriques -
L’accueil chaleureux qui nous a accompagné tout le long de notre séjour témoigne sûrement d’une volonté chinoise de revenir à la belle époque d’avant COVID. Cependant, les Chinois voyagent de plus en plus et la qualité des infrastructures et des nouveaux pôles touristiques qui ont essaimé partout, attirent des foules considérables, hors proportion avec celles rencontrées en Amérique du Nord et même en Europe. La Chine n’est pas à plaindre car elle a tant de paysages exceptionnels, d’histoire, de différents cuisines et nationalités qu’elle sera une destination touristique incontournable pour les années à venir.
Pour moi, l’automne est la saison idéale pour tout le sud du Yang Tsé Kiang avec des journées ensoleillées et des températures comprises entre 15 et 25 degrés Celsius et ce, sans les chaleurs étouffantes de l’été. En 30 jours, nous n’avons eu qu’une seule journée de pluie.

- cultures en terrasses, Puer, Yunnan -
Il me semble que la Chine a plus changé au cours des 13 dernières années que jamais auparavant, soit depuis 1983, année de ma première visite avec les autres membres de la Société Amitiés Canada-Chine depuis longtemps dissoute malgré le fait que le COVID y a fait des ravages énormes de 2019 à 2023 alors que la conjoncture internationale était marquée par l’incertitude politique et la guerre des tarifs douaniers. Déjà, j’avais constaté des changements énormes au cours des années 1990 et au début des années 2000 et la marche inexorable de la Chine vers la modernité et de son élan pour rejoindre l’Occident.
Aujourd’hui, je constate simplement que la Chine a non seulement rejoint l’Occident mais qu’elle l’a dépassé et ce dans pratiquement tous les domaines. Les Occidentaux devraient donc revenir en Chine et ouvrir bien grands leurs yeux, car c’est ici qu’ils trouveront les clés de leur développement futur. La Chine avait déjà dominé l’économie mondiale du 17e siècle au 19e siècle passé mais la guerre de l’opium déclenchée par les anglais et les français avait détruit complètement cet élan chinois. »

- sculptures, place des Maires, Guangzhou -
(suite mais pas fin : deux anecdotes significatives…)