Portofolio. Au temps de Baby Doc…

- le Palais présidentiel -
A la fin de mon séjour en République dominicaine, j’ai imaginé me rendre en Haïti par les montagnes mais je suis bloqué alors que je me dirige vers le pic Duarte qui est quand même à 3000 mètres d’altitude. Je dois rebrousser chemin et me résoudre à prendre l’avion pour Port au Prince. Je débarque, la fleur au fusil, et, peur de rien, je sollicite un rendez-vous avec le ministre du Tourisme. Il me reçoit et me parle notamment du projet d’installation d’un village du Club Méditerranée au nord de la capitale. Effectivement, le Club fit le pari de s’y installer, mais découragé sans doute par la corruption systémique et l’insécurité grandissante, il mit rapidement la clef sous la porte…

- Port au Prince, jour de marché -
Durant mes trois semaines de déambulation, 'ti' blanc aux cheveux longs et au sac au dos léger, je n’eus pourtant jamais la sensation d’être en danger. Avec le recul, j’imagine que mes déplacements étaient suivis et me rendaient quasi intouchable… En fait, les seuls visiteurs que je rencontrais furent les passagers qui passaient une heure ou deux lors de l’escale de leur bateau de croisière à Port au Prince. Sinon, j’ai partagé quelques verres de rhum avec un auteur de pièce de théâtre québecois en quête d’inspiration… et de compagnie galante colorée. Il y avait sans doute quelques rares hôtels, bars et restaurants pour recevoir les rares visiteurs officiels et autres membres des ambassades mais je ne les ai pas vu.

- Port au Prince -
Pas de touristes donc dans ce pays qui, à l’instar de son voisin dominicain, aurait pourtant beaucoup à offrir. Je fus ce mois-là sans doute un des seuls blancs à profiter de ses potentiels trésors. Après avoir grimpé, pour prendre la fraîche, dans le quartier résidentiel à Pétion-ville en tap-tap, taxi collectif peint de couleur vive, je me suis rendu à Jacqmel (deux heures et demi en bus, lui aussi peinturé de couleurs vives) par la seule route goudronnée, un cadeau de la France. Une ville avec de beaux atouts pour devenir une station balnéaire avec ses plages caribéennes et son « marché de fer » couvert. Sans compter, à proximité, le superbe « Bassin-bleu » où je me rends. Composé de quatre bassins et d’une chute d’une dizaine de mètres, son accès se fait à pied dans sa dernière partie.

- Jacmel -
A l’opposé de Jacmel, Cap Haïtien. Pour y arriver, il faut quasi cinq heures à l’autobus pour s’y rendre en empruntant des routes boueuses, défoncées. Et, durant le trajet, les tontons-macoutes l’arrêtent à plusieurs reprises pour vérifier les papiers des passagers qui me confieront qu’ils ont l’interdiction de se rendre plus à l’ouest où régnerait la famine… Mon projet d’aller dans l’île de la Tortue, repaire mythique des pirates des Caraïbes, tombe à l’eau. Située sur la côte atlantique, la ville portuaire garde de nombreuses traces de son passé colonial. Je dors dans le seul hôtel ouvert dont je suis d’ailleurs le seul client... étrange atmosphère de paradis perdu. Autrefois appelé Cap-Français puis Cap-Henri, c’est aussi le point de départ pour la plus impressionnante attraction historique et culturelle d’Haïti.

- Cap Haïtien -
A une quinzaine de kilomètres en effet, se trouve « la Citadelle La Ferrière ». Je m’y rend en bus bariolé, comme ils le sont tous. Pour y arriver, on passe d’abord devant les ruines du « Palais Sans soucis » qui connut ses heures de gloire. Les derniers kilomètres escarpés se font à pieds ou à dos d’âne. Aucun blanc et peu de visiteurs haïtiens. Les guides et les âniers ne font pas fortune. Construite par le roi Henri Christophe, pour abriter une garnison de 2000 soldats, mais trop loin de la mer, la Citadelle n’a jamais servi à repousser un envahisseur éventuel. Quant à son édification aura coûté la mort de 2000 haïtiens… Définitivement au repos, restent, bien conservés, des dizaines de canons et des centaines de boulets…

- Palais Sans Soucis -
- J’ai récemment redécouvert dans un tiroir quelques diapositives pour le moins surannées. Elles constituent un document de cet Haïti des années 70 qui pouvait encore espérer un autre destin, à l’exemple de son voisin dominicain. Depuis, les déceptions se sont succédé. C’est le chaos qui règne aujourd’hui sur les restes d’une république noire qui fut la première au monde à obtenir son indépendance… en 1804.

- en chemin... 
- - en chemin...

- en chemin...
- Port au Prince, centre ville -
- Port au Prince, centre ville -
- Port au Prince, vue générale -
- Port au Prince, centre ville -
- Port au Prince -
- - la Cité Soleil, le quartier le plus pauvre de Port-au-Prince -

- Cité Soleil -
- près de Port au Prince - 
- Cap Haïtien -
- près de Cap Haïtien -
- vers la Citadelle -
- la Citadelle en vue...

- La Citadelle -

- La Citadelle -

- La Citadelle -

- La Citadelle -