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Alpes-Maritimes : Nice-Matin attend son

sauveur...

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- Sœur Anne ne vois-tu rien venir ? - Seulement des déclarations d’intentions non suivies d’effets, des supputations, des rumeurs ! L’aiguille tourne et la situation du seul quotidien local ne paraît pas s’arranger.


Concernant la reprise de Nice-Matin et de tout le « package » qui va avec, la dernière rumeur fait état de Jean-Marie Tarragoni. Doit-on prendre cette rumeur davantage à la légère que les déclarations de Jean Icart, Bernard Tapie, Philippe Hersant, on les non-dits de Iskandar Safa, Charles Villeneuve, Etienne Mougeotte ?

Effectivement, son nom commence à circuler dans les milieux dits bien informés... Journaliste, baroudeur, écrivain, il peut se vanter d’avoir créé et géré dans le département un quotidien, le Standard, d’avoir été le seul à avoir osé se mesurer avec le Nice-Matin de Michel Bavastro depuis la fin de la dernière guerre. Niçois, il connaît sur le bout des ongles (façon de parler), cette ville et l’essentiel des acteurs actuellement aux affaires, comme la plupart de ceux désireux d’y être : élus, chefs d’entreprises, journalistes... Comme eux, la situation de Nice-Matin ne le laisse pas indifférent et il pourrait bien sortir du chapeau une martingale.

Jean-Marie Tarragoni semblerait donc capable de réunir des partenaires régionaux et nationaux, susceptibles d’investir dans le titre historique. Des personnes qu’il connaît bien et qui savent qu’il sait faire des journaux, des journaux que les gens lisent. Une reprise qui, si elle prend forme, s’annonce périlleuse, sans doute une raison pour laquelle les candidats y vont à reculons. Ils ont tous diagnostiqué en effet un sureffectif chronique, la baisse du chiffre d'affaires, celle des ventes au numéro, celle aussi des recettes publicitaires, de présumés arriérés avec l'URSSAF, un clivage interne inquiétant, le rôle ambiguë des syndicats, une ligne éditoriale, disons... étonnante. Une accumulation de handicaps pouvant se révéler très dissuasifs pour les présumés repreneurs quand on sait qu’une telle vente, c’est un « tout compris ».

Pour les Niçois comme Jean-Marie Tarragoni, comme pour beaucoup d’Azuréens, Nice-Matin n’est pas une entreprise comme les autres. Elle vend de l'information générale, et du commentaire politique, denrées sensibles et qui suppose une éthique. On l’a souvent dit, Nice-Matin fait et défait des destins politiques. Il accompagne les élus dans leur... quotidien, dans leurs ambitions pas toujours... raisonnables tout comme les prétendants dans leur marche vers le pouvoir, éliminant au passage les importuns. Les candidats à la reprise le savent bien et pour certains, c’est justement ce rôle d’arbitre et de faiseur de rois qui les intéressent car gagner beaucoup d’argent avec une entreprise de presse régionale, c’est, disons, hors de propos.

D’où la question légitime que tout bon repreneur se pose : sauver Nice-Matin, pourquoi, pour quel projet éditorial et économique, pour quelle finalité ? On aimerait bien que la réponse comporte aussi un volet emplois...

Rumeurs aussi sur un autre volet, immobilier celui-là. Le groupe est riche d’un patrimoine immobilier et surtout d’un terrain constructible adjacent. Suivez mon regard !


- à lire aussi cet article de 2007 -