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Monaco : pour les moustiques,

la peur va changer de camp...

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Pour l’instant, la balle est dans le camp des prédateurs ailés. Sans vouloir être de mauvais augure, le changement climatique annoncé et constaté n’annonce rien de bon. La dengue et le chikungunnya sont à portée. Quant aux statistiques, elles sont inquiétantes et sur Tweeter, Unicef France rappelait avec humour (?) que les mosquitos, tigres ou pas, étaient la première cause de décès au monde avec 725 000 personnes concernées alors que les hommes n’étaient responsables chaque année que de 475 000... assassinats divers et variés.



- Le Rocabella, Monaco - 

Ainsi, pour lutter contre ces hordes d’envahisseurs qui, jusqu’à ces dernières années, avaient été plutôt discrètes en France et sur la Côte d’Azur, sans véritable enjeu de santé, l’homme avait mis au point quelques stratégies. En organisant notamment des campagnes de démoustication. Les premières datent des années 1940 et utilisèrent des tonnes de DDT avant de s’apercevoir que le médicament était pour la faune autant que pour la flore, pire que le mal. L’épandage de pétrole sur les étangs fut aussi de pratique courante. Une fois interdit, d’abord en 1962 par les USA, le DDT dont on sait qu’il s’accumule tout au long de la chaîne alimentaire dans la graisse, l’industrie pharmaceutique, plus prudente cette fois, se chargea de trouver des répliques (encore) chimiques. Le le bio ne furent pas en reste, utilisant des molécules plus... propres.

On peut donc juger encourageant les recherches menées par l’équipe « BioBelt » et leur mise au point d’un dispositif anti-moustiques d’envergure, capable de protéger des zones entières contre ces pestes volantes. Plus besoin de s’enduire le corps, de se pulvériser des lotions, de s’abriter derrières des filets ou de rester à l’intérieur aux heures les plus exposées.

Comment fonctionne donc BioBelt ? Le dispositif reproduit les marqueurs biologiques qui permettent aux moustiques femelles, en quête de sang pour nourrir leurs œufs, de détecter leurs proies. Elles sont ainsi attirées jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de distance par la présence de molécules de CO2 dans l’air, correspondant à notre respiration. Le second marqueur biologique qui l’engagera dans son attaque, est lui, identifié à courte distance, de 1 à 3 mètres : il s’agit des acides de notre biologie interne, que nous diffusons principalement par nos pores.

En diffusant ces deux marqueurs selon un procès rigoureux, les  moustiques déjà présents à l’intérieur du périmètre deviennent inoffensifs et ceux susceptibles d’y pénétrer, en sont... dissuadés...

Ce dispositif vient d’être installé au Rocabella, 24 avenue Princesse Grâce, dans l’une des plus prestigieuses résidences de Monaco. Il s’agit de la plus importante surface couverte pour se protéger des moustiques en Europe. Quarante cinq Modules-Pièges BioBelt y sont déployés sur un périmètre protégeant l’ensemble de la zone de loisirs de la résidence, soit une surface de l’ordre de 3 000 m², comprenant un jardin d’enfants, une piscine, un fitness et le restaurant « Maya Bay ».

Cette innovation française mise au point en 2011 par une équipe animée par Dominique Hauptmann, en collaboration avec les entomologistes allemands de la société Biogents, a de beaux jours devant elle. Elle devrait s’imposer comme une alternative aux procédés de traitements chimiques. BioBelt a déjà été installé chez des particuliers et professionnels de l’hôtellerie/restauration du littoral méditerranéen sur des surfaces plus modestes. Inoffensif et inodore pour l’environnement humain, animal et végétal, c’est un atout à ne pas négliger dans l’arsenal de défense aérienne de nos ennemie de toujours...


BioBelt
anti-moustiques