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Cannes : le Club House du Port Canto bientôt démoli,

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Catégorie Pays de Lérins

c’est toute une époque qui tombe avec les gravats…

Présents lors de l’inauguration du Club House en juin 1966 (lire ici notre article), nous n’imaginions pas que ce bijou connaîtrait une si triste fin de vie. Inventé par le fondateur de la marina, Pierre Canto, ce club très chic, promettait le meilleur pour Cannes. Piscine en marbre de Carrare, restaurant gastronomique, salons cossus, ambiance feutrée, bar à whiskies, spa et bains tourbillonnants… un luxe de bon goût capable de séduire la belle clientèle de Cannes et les riches propriétaires de bateaux qui fréquentaient le port. Avec un projet au fond d’un tiroir, celui d’une salle de jeu, en sous-sol et même une utopique mini…patinoire. L’âge d’or ne dura pourtant pas. Lentement mais sûrement, le club se détériora, changeant au passage d’actionnaires et de destination. Le restaurant devint le Blue Moon et tout alla à vau-l’eau. Même le beau-père de Johnny Hallyday et son concept de faire du lieu un des plus grands établissements de nuit de la Côte n’aboutit pas.

Dernier détenteur de la concession, M. Bricard, chercha bien lui aussi une solution. Il déposa plusieurs demandes à la mairie pour relancer l’affaire (lire ici notre article). Cela se solda par des conflits qui aboutirent devant les tribunaux, d’abord sous la municipalité de Michel Mouillot puis celles de Bernard Brochand. Plusieurs jugements sont en faveur de la municipalité actuelle qui a récupéré le bébé mais le dossier n’est pas pour autant définitivement fermé et les tractations continuent entre M. Bricard et l’adjoint aux affaires juridiques de la ville, Christophe Santelli-Estrany. Beaucoup d’argent des contribuables à la clef si la mairie est obligée d’indemniser le concessionnaire qui fut dans l’impossibilité d’exercer ses prérogatives pendant plus de… vingt ans.

Sans attendre le clap de fin, la municipalité a donc recouvré le Club house et ses dépendances. Avec plein de projets en tête. À commencer par la démolition du club house dont l’état de décrépitude va mal avec l’image de la ville du Festival du film et d’une Croisette aux hôtels cinq étoilés… Quelle gabegie ! Comment en est-on arrivé là ? Dans cette marina vielle d’une petite cinquantaine d’années, ce bâtiment sera rasé après seulement 44 ans d’existence. Qu’en penseraient les Cannois du vieux port qui ont bâti tout autour des habitations toujours droites sur leurs fondations depuis plus d’un siècle et demi ?

Qu’à cela ne tienne, la destruction est annoncée par Nice-Matin comme une « demolition party » au cours de laquelle les Cannois se rendront en masse et en liesse avec pioches et marteaux… pour mette à bas l’édifice. Une initiative qui n’est pas passée inaperçue et qui a scandalisé la journaliste de Valeurs actuelles, Christine Clerc. Comment son papier, très critique, a-t-il échappé au regard, à priori modérateur, du chef de rédaction ? C’est un mystère car la revue n’a pas l’habitude de molester ainsi un député-maire… de droite. Nous laisserons aux lecteurs le soin de juger sur pièce le texte de Christine Clerc dans le n° 3828 du 8 avril 2010. À la limite de l’offense, le verbe frappe fort et fait mal au « communicant » qu’est Bernard Brochand. Pourquoi une telle diatribe ? La journaliste a-t-elle quelques comptes à régler, directement avec le maire ou avec son service de la communication qui ne l’auraient pas prise suffisamment au sérieux alors qu’elle séjourne régulièrement dans la ville ? Il est fort probable en tout cas qu’elle ne recevra plus d’invitations de la part du protocole et qu’elle rejoindra le liste des persona non grata où figure déjà en bonne place, Nicolas Hulot… (lire ici).

  • année 1970, le belle époque de la piscine du Club House : les jeunes cannois (Gérard Karsenty, Jean-Pierre Vidal, Jean-Michel De Bloos, Jean-Claude Leclec, Franck Benoiton, Michel Ferré, Claudine Foulet, Anne-Marie Cros, Hélène Mondet…), membres du Club de compétition de l’ISC de Cannes, tous attentifs devant les sélectionnés olympiques australiens, David Dickson et les frères Rogers venus en démonstration.
  • un lecteur vient d'attirer notre attention sur une tentative de réhabilitation du lieu. Paul Pacini, le créateur des Whiky à gogo, rêvait d'utiliser cet espace pour y accueillir des événements ponctuels (expositions, manifestations diverses…), en complément du Palais des Festivals. Sobrement réaménagé, le projet n'aurait nécessité que très peu d'investissements. Il avait été présenté à l'homme de confiance de M. Bricard, M. Provenzal.