Comparez le Mississippi à la France, quelle « trumperie !

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Catégorie Pieds dans le plat

S’il y a en France un antiaméricanisme patenté et plutôt de gauche, il existe aux USA, un sentiment antifrançais, plutôt de droite. On se rappelle de l’épisode où certains Américains voulaient se priver de Bordeaux et s’apprêtaient à débaptiser leurs French fries et leurs French kiss aussi… Mais une attaque aussi virulente et hasardeuse venant du Washington Post, le journal autrefois libéral qui avait fait tomber Nixon, a de quoi surprendre... ou pas.



- French fries, photo, Hayford Peirce -


 Il est vrai que la ligne éditoriale du Washington Post a évolué depuis la disparition de sa propriétaire Katharine Graham. Son fils Donald (comme c’est bizarre) avait positionné le quotidien nettement plus au centre droit qu’il ne l’était. Maintenant aux mains de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazone et soutien affiché d’un autre Donald, il ne craint plus de faire dans la caricature. On est donc moins surpris, quand on déroule la bobine de fil de la publication d’un article qui compare l’État le plus pauvre des USA, le Mississippi (3 millions d’habitants) avec la France (69 millions). L’accent est mis sur le fait que le PIB par habitant du premier cité serait de 55 876 dollars et celui du second de seulement 37 000 dollars. 

Basé sur des chiffres - on veut bien le croire - justes, cette comparaison reflète-elle la réalité des choses ? Vaudrait-il ainsi mieux vivre au Mississippi (et par extension aux USA), qu’en France à partir de cette base ? On peut sincèrement en douter si l’on tient... compte d’autres éléments comme la santé, le salaire minimum, la retraite, l’éducation, les congés, les aides sociales diverses et variées... de tout ce qui contribue en fait à ce qu’on appelle la « qualité de vie ». Comment oser en effet comparer un État en piste pour le titre de Champion du Monde des aides sociales avec un État des USA, quel qu’il soit ? Comment mettre côte à côte un pays qui, sur les critères nord-américains est socialiste à un pays » plus ultralibéral tu meurs la bouche ouverte » ?

Sur le dossier santé, la question ne devrait même pas se poser.  Notons en passant que plus de 34% des habitants du Mississippi est obèse et ne parlons pas de ceux qui sont en surpoids comme le « Donald », dont le régime alimentaire est tout sauf exemplaire… Que dire des prix exorbitants des médicaments, des soins refusés aux pauvres parce qu’ils sont… pauvres, des interventions hors de prix, des tarifs démentiels des assurances santé lorsqu’on vit en Amérique ? Pendant ce temps, en France, on rembourse tout, rubis sur l’ongle. Comme très récemment, les séances d’activités physique adaptées pour les personnes recevant ou ayant reçu un traitement contre le cancer désormais prises en charges par la Sécurité sociale ainsi que deux médicaments contre l’obésité qui seront totalement remboursés à partir du 15 juin (alors qu’aux USA, il faut compter entre 200 et 500 dollars par... mois). 

Question délicate, celui de la sécurité, même si globalement la sécurité se dégrade en France, il y a encore un marge énorme avec ce qui vit la population au Mississippi, à Los Angeles et dans bien des ville américaines. Le taux de criminalité y est élevé. Rappelons qu’il y aurait là-bas 500 millions d’armes, dont beaucoup sont en vente libre chez Walmart et autres magasins ouverts au grand public, qu’il y ait de plus en plus de tueries de masse (503 rien qu’en 2024 - le dernier en date, avant-hier, à Toledo, Ohio, 12 blessés dont 2 graves). Enfin que les juges et les shérifs sont élus par la population, ce qui n’est pas forcement ni apparemment la bonne idée. Oui, nos prisons sont pleines (104 pour 100 000), les pénitenciers du Mississippi débordent de condamnés.. à mort. Cerise sur ce gâteau, il y a dans cet État 652 prisonniers pour 100 000 résidents, soit dit en passant 81 % de plus que le taux moyen des autres États...

Que ceux qui veulent aller vivre au Mississippi où le PIB par habitant est beaucoup plus élevé que le nôtre lèvent le doigt... Pas tous en même temps !

NB : malgré cette comparaison dénuée de sens et clairement mal intentionnée, beaucoup de Français continuent de « penser être en enfer alors qu’ils sont au paradis », si l’on s’en tient à des facteurs objectifs… dézolé.