Les Rochers rouges de l’Estérel, bijoux de la Corniche d’Or…
une oasis aussi.

- Jean-Baptiste Armand Guillaumin, Île de Besse, Agay, vers 1895
© Galerie d’art Alexis Pentcheff de Marseille -
Les peintres qui se sont attachés à l’interprétation du massif ont développé des démarches esthétiques et des sensibilités variées. À travers l’analyse et la valorisation de cette effervescence artistique, l’exposition entend réévaluer la place de l’Estérel comme lieu d’incubation des expérimentations plastiques postimpressionnistes, qu’il s’agisse du pointillisme, du fauvisme ou du nabisme.
La reconnaissance du massif de l’Estérel, qui a pourtant séduit de nombreux artistes en quête d’un renouvellement de la peinture, demeure encore marginale dans l’histoire de l’art. Le projet d’exposition entend combler cette lacune en proposant une approche inédite, croisant l’histoire de l’art avec des données relatives à l’essor du tourisme, ainsi qu’avec des éléments issus de la géographie et de la topographie du territoire.
Si Charles Camoin, Albert Marquet ou Louis Valtat présentent des vues du massif provençal au Salon d’Automne parisien de 1905 - lequel marque le début de l’aventure publique du fauvisme-, ils ne sont pas les seuls pour qui l’Estérel est devenu un motif de choix.
Et pour cause, l’endroit s’est depuis peu transformé en une « colonie nombreuse et distinguée d’artistes » ainsi que le décrivent les guides touristiques de l’époque. Devenus aisément accessibles grâce à l’ouverture de la Corniche d’Or en 1903, le Trayas, Agay et Anthéor font l’objet de multiples interprétations pour ceux qui sillonnent la partie est du Var et le sud des Alpes-Maritimes. Le modelé rouge des roches escarpées, le contraste des tons bleus et verts de la mer avec ceux de la flore méditerranéenne offrent de formidables possibilités plastiques aux peintres en quête de couleurs vives, de lumière et de matière. CQFD !

- Louis Valtat, Les Roches Rouges, Anthéor, 1901
© Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie,
Photographie C. Choffet -