Cannes Festival. Les pieds un peu dans le plat du 7e art…

Rob Grams n’hésite pas à les mettre et son analyse sur l'embourgeoisement de cet évènement est décoiffante. « Le cinéma, art populaire par excellence, est dominé par une minorité sociale : la bourgeoisie. »


À l’instar du male gaze, Rob Grams propose le concept de bourgeois gaze : une manière de filmer le monde depuis une position sociale dominante qui se prétend universelle, marquée par le mépris de classe, un centrisme moralisateur, un rapport hors-sol à la ruralité et une surreprésentation des thématiques bourgeoises. Héritiers de milieux favorisés, enfants d’artistes ou de grands patrons, ce sont eux qui fabriquent l’essentiel des récits, décident quels personnages existent à l’écran et comment ils sont représentés.

En analysant à la fois des films emblématiques de ce regard et un système de production socialement homogène, nourri par le népotisme et l’entre-soi, Bourgeois Gaze interroge : « Quelles voix, quels imaginaires émergeraient si l’art n’était pas monopolisé par une seule classe ? Quelle richesse de récits nous est volée ? Et quelles œuvres parviennent, malgré tout, à ouvrir des brèches ? »

  • Rob Grams est le rédacteur en chef adjoint de Frustration Magazine, un webzine d'opinion français, engagé à gauche. Gaze est son premier livre.