Vapotage. Imperial Brands-Seitas ne manque pas de culot…
La marque qui commercialise en France les cigarettes électroniques et les produits qu'elle utilisent, défend l’indéfendable en minimisant la nocivité du vapotage. Tout juste parle-t-elle d’une pratique « significativement moins nocive que le tabagisme », ce qui, paradoxalement, est un aveu de culpabilité si on veut bien donner un sens aux mots. Mais inhaler avec une grande régularité de la fumée, ne peut pas être pour les vapoteurs, sans conséquences sur la santé de leurs… poumons.

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On comprend bien que pour ces industriels, c’est une question de chiffre d’affaire, voire de survie si on va au bout de la logique de prohibition. On comprend qu’ils se défendent becs et ongles comme avant eux l’ont fait les grandes compagnies américaines de tabac et les buralistes aussi. Dans le même ordre, les producteurs de vins et spiritueux, défendent leur pré carré au nom de la pérennité de leur commerce plutôt que sur celui de la santé…
Ainsi, si Imperial Brands - Seita prend acte de la proposition de loi déposée par le député écologiste Nicolas Thierry visant à étendre le conditionnement neutre et standardisé à l'ensemble des produits du tabac et du vapotage mais défend l’idée que le vapotage n’est pas le problème, mais fait plutôt partie de la solution. Et elle cite en effet le rapport de l'ANSES, publié en février 2026, qui établit que le vapotage est significativement moins nocif que le tabagisme. L'étude de 2022, « Use of tobacco cessation aids and likelihood of smoking cessation », menée par Santé publique France, l'Inserm et Epiderm, démontre que la cigarette électronique est deux fois plus efficace que les traitements de substitution nicotinique pour accompagner les fumeurs vers l'arrêt. Dont acte. Néanmoins, cela serait significatif si cette pratique était un passage transitoire et qu’il débouchait sur un arrêt non pas seulement du tabac mais du vapotage. Ne soyons pas naïfs, pour ce lobby pas comme un autre, l’objectif est de pérenniser cette pratique. De plus, il serait malhonnête de penser et d’affirmer que le vapotage est une pratique innocente et qu’elle n’a pas des conséquences malheureuses sur la santé des pratiquants réguliers.
La marque affirme par ailleurs partager pleinement l'objectif de protection des mineurs du législateur : « C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons engagé un travail avec des parlementaires autour d'une proposition normative ciblée, qui s'attaque au véritable problème : les pratiques marketing irresponsables de certains fabricants. Noms de saveurs évoquant la confiserie, graphismes enfantins, dispositifs connectés transformés en objets ludiques : c'est à cela qu'il faut s'attaquer. Pas au vapotage dans son ensemble. »
Cette option permettrait, selon Imperial Brands-Seitas, de protéger efficacement les plus jeunes sans priver les fumeurs adultes d'un outil de sevrage reconnu par la communauté scientifique. Mais, soyons réalistes, cela ne suffira pas, car les produits existent (cigarettes électroniques et les divers e-produits qui l'accompagnent...), le marché aussi... Cerise sur le gâteau, les industriels ne se contentent pas de proposer des liquides parfumées mais vendent aussi des e-liquides... nicotinisés. Il faut savoir, expliquent-ils, que le hit, cette fameuse sensation de passage de fumée dans la gorge si chère aux fumeurs n'est due qu'au dosage en nicotine. Un fort dosage procurera un hit fort, un e-liquide avec un dosage faible aura un hit léger et ce, quelque soit le matériel. Et là, le serpent se mort la queue!