Biodéchets : ya encore du boulot...
La 3e édition du baromètre Ifop x Sepur « Les Français et leurs poubelles » dévoile un recul significatif de la motivation écologique associée au tri. Si les Français se disent satisfaits, à quelques mois des élections municipales, ils expriment le besoin d’être mieux informés sur la politique des déchets. Dans cette étude, la région Sud-est se distingue par un manque d’entrain à intégrer les biodéchets dans le tri quotidien.

- photo (c) PCA -
Plus d’un habitant sur deux du Sud-est n’est pas au courant qu’il doit disposer d’une solution permettant de trier les biodéchets (47% à l’échelle nationale). Cette tendance se confirme avec une perception négative du nouveau dispositif, puisque 39% des habitants y voient une contrainte. Elle s’accompagne également d’un sentiment plutôt pessimiste quant à l’intégration du tri des biodéchets dans leurs habitudes quotidiennes : 30% des habitants de la région considèrent que l’intégration de cette pratique dans leurs habitudes sera complexe.
Deux ans après l’entrée en vigueur de l’obligation de tri des biodéchets, la pratique recule à l’échelle nationale : plus de 4 Français sur 10 ne trient toujours pas leurs biodéchets, soit +4 points de plus que l’année dernière.
De plus, la part des habitants du Sud-est n'estimant pas avoir un impact environnemental réellement positif en triant leurs déchets est significative (30%) et tend à s’inscrire dans une tendance plus large de fragilisation de la croyance dans l’efficacité des gestes individuels.
L’impact écologique du tri est moins un moteur qu’auparavant globalement pour les Français : alors que 76% des Français pensaient l’an dernier avoir un impact réellement positif sur l’environnement en triant leurs déchets, ils sont 74% cette année à éprouver ce sentiment. Les seniors, 65 ans et plus, se distinguent néanmoins en étant 81% à être motivés par l’impact environnemental du tri des déchets.
Ce frein dans l’engagement trouve également écho dans une faible participation aux initiatives locales liées à la gestion des déchets : 90% des habitants de la région Sud-est n’ont jamais participé à une journée portes ouvertes d’un centre de tri et 76% n’ont jamais pris part à une opération de ramassage des déchets dans l’espace public.
Par ailleurs, les Français du Sud-est sont globalement satisfaits de la gestion des déchets au sein de leur commune (85%) et reconnaissent de plus en plus massivement l’action de leur collectivité pour favoriser le tri (77%). Ce chiffre est confirmé par un jugement positif à l’égard du nombre de poubelles mis à disposition des Français (71%).
Toutefois, les habitants de cette région expriment des attentes quant à leur commune. Ainsi, ils sont 77% à attendre davantage d’information de la part de leur commune sur la gestion des déchets, plus particulièrement sur les sujets concernant les nouveaux équipements et les performances de recyclages de leur commune. Ils fixent d’ailleurs comme priorité l’information et la sensibilisation à la gestion des déchets dans les politiques publiques, une action jugée prioritaire, bien avant la digitalisation des outils.
Malgré la digitalisation des communications, les Français du Sud-est veulent encore privilégier le courrier et le bulletin municipal comme moyen d’information. Le papier, perçu comme crédible et engageant, reste un vecteur de confiance. Si les habitants de la région semblent choisir la transparence à l’égard de leurs déchets, ils ne veulent pas pour autant voir les tarifs associés aux déchets augmenter.
« Les citoyens expriment une volonté de comprendre la politique des déchets menée dans leur commune, c’est une manière de mesurer leurs efforts, mais aussi d’être à l’écoute. Néanmoins, ils considèrent la gestion des déchets comme une mission du service public et ne souhaitent pas être davantage impliqués. Cette tendance doit nous engager, nous opérateur, à accompagner de manière plus précise et plus pertinente les collectivités dans leurs campagnes d’information et de sensibilisation », précisait Lucie Petrel, directrice de la communication de Sepur.