Cannes Festival. Le cinéma de demain… passe par l’IA.

Lorsqu’une révolution technologique est en marche, mieux vaut faire avec que contre. D’invention en invention l’histoire le confirme. Cette dernière péripétie - l’IA - n’échappe pas à ce constat. Ceux qui l’ont compris prennent une longueur d’avance sur ceux qui résistent. Dans le domaine cinématographique aussi, la mutation semble… inévitable.



- Méliès, Deux cents milles sous les mers, 1907 -


Alors que le Festival multiplie cette année les débats autour de l’intelligence artificielle dans le cinéma, une autre question commence à émerger dans l’industrie : et si l’IA permettait surtout à davantage de films d’exister ? et à de jeunes réalisateurs, scénaristes, actrices ou acteurs encore inconnus de révéler leur talent ? De nombreux projets ambitieux ne voient aujourd’hui jamais le jour, non pas par manque d’idées ou de talents, mais faute de financements suffisants, de délais de production compatibles ou d’accès aux bons réseaux dans un milieu où il reste très difficile d’émerger. 

Présent à Cannes, Jean Mach, producteur, réalisateur, membre de la SACD, de l’Académie des César et cofondateur du studio Inevitable, défend une approche qu’il qualifie de « cinéma augmenté » : utiliser l’IA non pour remplacer les auteurs, les réalisateurs, les acteurs ou les équipes créatives, mais pour réduire certaines contraintes de fabrication et ouvrir l’accès à des productions jusque-là réservées à quelques grands studios. 

Ce studio développe une technologie capable de produire un film de haute qualité cinématographique en quatre mois, pour un budget d’environ 250 000 euros, tout en préservant la vision du réalisateur et en respectant la chaîne des droits. Contrairement à l’idée souvent associée aux productions IA - une succession de séquences générées à partir de simples prompts - son approche repose sur la construction complète du film en amont : narration, mise en scène, rythme, continuité visuelle et prévisualisation complète sont définis avant la génération des images. 

Pour Jean Mach, l’enjeu n’est donc pas de remplacer le cinéma traditionnel, mais d’ajouter une nouvelle voie de production : permettre à des films restés dans les tiroirs faute de moyens de voir enfin le jour, et donner une chance à de jeunes réalisateurs, scénaristes, producteurs, acteurs ou actrices encore inconnus de sortir de l’ombre. À Cannes, il participe aux discussions autour de l’évolution des métiers, des nouveaux modèles de production et de l’émergence possible d’un « producteur augmenté », capable de développer des projets plus ambitieux avec des moyens de production radicalement transformés.