L’Europe à l’heure de la… démondialisation.

- siège du Parlement européen, Bruxelles © Alina Zienowicz -
« L’Europe change de doctrine. Longtemps naïve face à la mondialisation, elle commence enfin à défendre ce qui fait sa force : son industrie, ses infrastructures stratégiques et sa capacité à décider par elle-même. Cette semaine, le Parlement européen franchit plusieurs étapes décisives : mieux protéger notre acier face au dumping mondial, encadrer les investissements étrangers dans les secteurs sensibles, et renforcer le réseau ferroviaire européen pour accélérer une mobilité propre et souveraine. Derrière ces combats, une même conviction guide notre délégation S&D France : il n’y aura ni transition écologique, ni autonomie stratégique, ni protection des travailleurs sans une véritable souveraineté industrielle européenne.
Produire en Europe, protéger nos savoir-faire, investir dans nos infrastructures et garantir des règles commerciales loyales : voilà le cap que nous défendons. Une Europe qui protège n’est pas une Europe fermée. C’est une Europe qui assume enfin de défendre ses intérêts, ses emplois et son avenir.
Le filtrage des investissements directs étrangers revient au Parlement européen, et c’est une étape décisive pour la souveraineté européenne. Car il ne s’agit pas seulement de finance ou d’attractivité économique : il s’agit de savoir qui contrôle nos technologies, nos infrastructures, nos industries stratégiques - et, à terme, notre capacité à nous défendre et à maîtriser notre avenir industriel. Le nouveau règlement apporte des avancées réelles. Mais il reste encore à faire du filtrage non seulement un outil de protection, mais aussi un levier au service du développement économique européen.
Le secteur du soin (care) ne peut plus rester le parent pauvre des politiques européennes. Alors que les femmes assument encore l’essentiel des responsabilités de soin, souvent au détriment de leur emploi, de leur santé et de leur indépendance économique, le Parlement européen pourrait voter ce jeudi 21 mai un rapport important pour mieux reconnaître leur rôle, rendre visible ce travail essentiel et lutter contre leur épuisement. Reste désormais à voir si la droite européenne (PPE) sera au rendez-vous de cette ambition.
L’acier n’est pas une marchandise comme les autres. Il est au cœur de nos infrastructures, de notre transition énergétique, de notre industrie de défense et de notre autonomie économique. Pourtant, la sidérurgie européenne fait face à une concurrence mondiale déséquilibrée qui menace ses emplois, sa décarbonation et, à terme, notre capacité à produire par nous-mêmes. Le vote du nouveau règlement sur la surcapacité mondiale de l’acier constitue une réponse attendue : une avancée majeure pour une Europe plus protectrice, plus industrielle et plus souveraine.
Le ferroviaire européen souffre encore d’un paradoxe : traverser l’Europe en train reste souvent plus compliqué que circuler à l’intérieur d’un seul pays. Le règlement sur la gestion des capacités ferroviaires, soumis au vote final du Parlement européen mardi 19 mai, apporte des réponses concrètes à ce problème. Guichet unique européen, meilleure allocation des sillons, soutien renforcé au fret et digitalisation des outils : ce texte marque une étape importante pour faire du rail un véritable réseau européen intégré. CQFD ! »