L’Occident. Une illusion entretenue…

Catégorie Les paradoxales
Nous l’oublions volontiers mais toutes les civilisations sont mortelles. L’Histoire est là pour le prouver. Alors, ne soyons pas étonné lorsque David Graeber avance, en forme d’interrogation, l’idée que l’Occident serait une simple parenthèse de l’histoire de l’humanité. Plus qu’une interrogation, c’est plutôt une affirmation que David se fait fort de démontrer.




Tirés de plus de deux décennies de travaux révolutionnaires, la publication de ces dix-huit écrits et entretiens inédits constituent une histoire de ses relations sociales : un parcours à travers ses amitiés, ses adversaires et ses partenaires de conversation. De son dialogue avec Samuel Huntington sur l’origine non occidentale de la démocratie à sa conception du care, en passant par son rapport au jeu et à la création, sans oublier son regard acéré sur le genre, la violence ou encore l’anarchie, l’inventeur du concept de « bullshit jobs »  (métiers inutiles) nous invite à la réflexion et à la mise à lat de nos certitudes. 

Disparu subitement en 2020, à l’âge de 59 ans, David Graeber, aura eu néanmoins le temps de marquer son passage. Anarchiste américain, théoricien de la pensée libertaire nord-américaine et figure de proue du mouvement Occupy Wall Street. Évincé de l'université Yale en 2007, il est, selon le NYTimes, « l’un des intellectuels les plus influents du monde anglo-saxon ». Moins connu en France que dans le monde anglo-saxon, il mérite pourtant notre attention. On se rappelle son édito dans Le Monde, en 2018, dans lequel il qualifie le mouvement des Gilets Jaunes de témoin d'un « grand renouvellement des pratiques contestataires ». Il en attribue la cause à la déliquescence du système politico-financier actuel, qui valorise bien plus les métiers inutiles liés à l'oligarchie managériale et financière que les métiers du « care » (des soins aux autres). Il laisse de nombreux ouvrages, articles et autres contributions, sur des sujets de sociétés toujours d’actualité.



- David Graeber, photo Guio Van Nispen -