Les fleurs, c’est périssable…

Comme Jacques Brel, il vaudrait sans doute mieux apporter des bonbons à sa dulciné, car les fleurs, c’est… plein de pesticides.




Au cours de l’année 2025, l’association « Agir pour l’environnement » a fait analyser 27 bouquets de fleurs achetés à l’occasion de la Saint-Valentin et de la fête des Mères. À la lecture des résultats, on peut être inquiet : 99 pesticides différents ont été identifiés dans les fleurs, dont 46 interdits ou actuellement non autorisés en France. Parmi ces 46 incriminés, 6 font partie de la famille des néonicotinoïdes, insecticides dits « tueurs d’abeilles ». Dix neuf bouquets concentraient un ou plusieurs pesticides susceptibles de nuire au fœtus. Soixante-dix des substances retrouvées sont considérées comme très toxiques pour l’environnement aquatique et 86 posent un risque à long terme.

À la Saint-Valentin, les roses importées sont fortement contaminées par un mélange de 7 à 35 pesticides différents par bouquet. Avec en moyenne 3,5 fois moins de produits différents et des concentrations résiduelles 10 fois moins importantes, les fleurs françaises de saison comme les renoncules ou les anémones sont donc à privilégier afin que les fleurs de la Saint-Valentin ne soient plus un cadeau... empoisonné.

Chaque année, 22 938 fleuristes vendent des dizaines de millions de bouquets, à 85 % importés de pays dont les normes environnementales et sanitaires sont très éloignées des standards européens. Malgré la saisine, en décembre 2024, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale, l’attentisme perdure, laissant des milliers de fleuristes face à une exposition aux pesticides dont les effets sanitaires ne peuvent plus être écartés. Exerçant leur activité professionnelle dans des espaces souvent exigus et mal ventilés, les fleuristes sont une population à risque dont le suivi sanitaire doit être renforcé.  

L’association appelle le gouvernement à agir sans délai afin de protéger les milliers de fleuristes. L’association appelle les consommateurs à privilégier les fleurs françaises et de saison, en renonçant aux roses de la Saint-Valentin dont certains bouquets peuvent concentrer jusqu’à 35 pesticides différents.

- le rapport est visible ici -