La place de l’industrie navale dans notre économie...
Les Rencontres de l’industrie navale 2026 se sont tenues ce 21 janvier à Paris. Organisé par le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN), cet événement a été marqué par les vœux de son président, Pierre Éric Pommellet, aux acteurs de l’industrie navale et maritime, ainsi que par la présentation de l’édition 2026 du Cahier du Maritime dans les Territoires.

- Monaco Boat show (c) PCA -
Dans son discours, Pierre Éric Pommellet a rappelé le rôle central de l’industrie navale et maritime dans les grandes priorités nationales, à la croisée de la souveraineté, de la réindustrialisation, et de la transition énergétique. Il a insisté sur la singularité de cette industrie des cycles longs, à contre-courant d’un monde où le temps s’accélère, et salué sa dynamique positive, portée par une amélioration significative de la visibilité des commandes civiles et militaires.
Cette vitalité n’occulte pas les tensions liées à une concurrence internationale intense, avec des pressions accrues et à des difficultés de financement. Pour faire face à ces défis et soutenir la dynamique engagée, le président du GICAN a appelé à faire de la réindustrialisation le fil conducteur de l’action collective pour les années à venir, listant plusieurs priorités : l’investissement, la visibilité, l’innovation, la décarbonation et la montée en compétence.
En conclusion, celui-ci a confirmé le soutien du GICAN à la prochaine stratégie maritime industrielle européenne tout en appelant à la mise en place de sa déclinaison à l’échelle nationale, pour une stratégie française interministérielle permettant d’investir, d’innover, de former et de commander dans une vision de long terme.
Ces Rencontres de l’industrie navale ont également été marquées par la présentation de l’édition 2026 du Cahier du Maritime dans les Territoires. Ce document annuel constitue un outil statistique unique pour mesurer le poids économique de l’industrie navale et maritime dans les territoires. Il s’affirme également comme un outil stratégique de référence pour éclairer les choix industriels et les politiques publiques, à travers une grille de lecture analytique des grandes transformations en cours.
Avec plus de 58 200 emplois directs, un chiffre d’affaires cumulé de 15,9 milliards d’euros et plus de 770 entreprises recensées, majoritairement des PME et des TPE, l’industrie navale française se positionne comme la troisième puissance européenne et la neuvième au niveau mondial en tonnage. Elle se distingue par un fort dynamisme à l’export, qui représente 51 % du chiffre d’affaires total de la filière, un chiffre qui atteint 83 % pour le maritime civil.
Le Cahier des Territoires met également en lumière un ancrage territorial équilibré, qui dépasse les seules façades maritimes. Cinq régions concentrent l’essentiel de l’activité (Pays de la Loire, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Île-de-France et Normandie), mais la filière concerne d’autres régions intérieures et ultramarines, à travers un tissu dense de chantiers navals, d’équipementiers, de bureaux d’ingénierie et de centres de R&D.
Le président Pierre Éric Pommellet insistait : « La réindustrialisation maritime doit être un projet collectif, assumé et structurant, au niveau national comme au niveau européen. C’est à cette condition que nous pourrons transformer la dynamique actuelle de commandes en succès industriel durable, au bénéfice de nos territoires, de nos emplois, de nos compétences et de notre souveraineté. L’année qui s’ouvre sera pleinement maritime. Elle sera marquée par deux rendez-vous majeurs pour notre filière : Euromaritime, qui mettra en lumière l’ensemble de l’écosystème maritime et naval, ses innovations, ses territoires et ses compétences, qui se tiendra à Marseille du 3 au 5 février ; et Euronaval, vitrine internationale de l’excellence industrielle mondiale dans le domaine naval de défense du 3 au 6 novembre. » CQFDire !

- Port d'Antibes (c) PCA -