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Les poulets sont-ils les animaux les plus maltraités sur Terre ?

Nourriture bon marché, principalement à cause des méthodes d’exploitation choisies mais avec des conséquences prévisibles sur la santé des consommateurs, le poulet finit parfois sur les cimaises d’un Musée...


- « Poulets brûlés vifs » œuvre présumée d’art du franco-algérien Adel Abdessemed, 
exposés au Musée d'art contemporain de Lyon -


Pourtant les poulets sont des animaux curieux et sociables qui ont chacun une personnalité. Ils établissent des hiérarchies complexes et utilisent pour communiquer au moins une vingtaine de sons différents que nous avons pu identifier. Les poules caquettent pour communiquer avec leurs poussins pendant qu'ils sont encore dans l'œuf afin qu'ils connaissent la voix de leur mère avant l'éclosion.

Mais la plupart de ces animaux fascinants et intelligents n'auront jamais la chance de se percher dans un arbre, de se prélasser dans la poussière, ou encore de tisser des liens avec leurs petits. Après avoir passé toute leur vie dans des hangars bondés, sales et sans fenêtres, ils entament un terrifiant voyage en direction de l'abattoir, où les attend une mort atroce.

Les poulets sont plus nombreux à être élevés et abattus pour fabriquer de la nourriture que tous les autres animaux terrestres additionnés. En Occident et en Asie l’immense majorité d’entre eux sont enfermés dans des hangars bondés depuis leur éclosion jusqu'au jour où ils sont abattus. Les poulets élevés « en liberté » – un terme marketing – ne sont pas le plus souvent pas épargnés. Les poulets de chair sont nourris de façon à ce qu'ils grandissent si vite que leurs pattes et leurs organes ne peuvent supporter le poids de leur corps. Nombre d'entre eux meurent de crises cardiaques ou de coups de chaleur. D'autres voient les os de leurs pattes se briser avant de s'effondrer.

Les abattoirs sont le théâtre de véritables scènes de cauchemar. Des poulets terrorisés sont attachés par les pattes et pendus la tête en bas. Ils sont ensuite gazés ou étourdis, ou bien leur tête est plongée dans un bain d'eau électrifié. Étant donné que les lignes d'abattage ne fonctionnent pas toujours correctement, de nombreux poulets sont encore conscients lorsqu'ils sont égorgés, tandis que d'autres, qui ont échappé aux lames censées leur trancher la gorge, meurent ébouillantés vivants dans des bassins d'eau destinés au plumage.

Quant aux poules exploitées pour la production d'œufs, elles ne sont pas mieux loties. Les poules pondeuses sont elles aussi entassées à plusieurs dans des cages métalliques. Pour les empêcher de se blesser entre elles, une partie de leur bec, une partie particulièrement sensible du corps de ces animaux, est amputé à l'aide d'un laser infrarouge, ce qui leur cause d'atroces souffrances.

Dans ce secteur, les poussins mâles, qui ne produisent ni les œufs ni les grandes quantités de chair recherchées par l'industrie de la viande, sont généralement gazés au dioxyde de carbone ou broyés.

Leurs mères et leurs sœurs restent enfermées pendant environ deux ans, jusqu'à ce qu'elles cessent d'être «  productives » car leur corps s'épuise à force de pondre. Elles aussi sont alors envoyées vers ces terrifiants abattoirs, où elles seront égorgées ou ébouillantées vivantes.

Grâce à ses enquêtes, l’association PETA dénonce et lutte contre ces modes de production qui font fit de la sensibilité des animaux. Si les objets unanimes n’ont peut-être pas d’âme, les animaux souffrent, s’occupent avec amour de leurs petits, ne semblent pas éprouver de haine, de jalousie… Notre regard sur le monde animal se doit d’évoluer. Il n’y a pas que nos animaux domestiques, chiens, chats, chevaux... qui doivent en bénéficier. La corrida doit disparaître, nos modes vestimentaires doivent exclure les fourrures… Notre alimentation aussi doit évoluer vers moins de viande pour le plus grand gain de la planète et de notre santé aussi.

Le respect de la vie animale, c’est ici et maintenant !