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Grèce : dans la famille des Cyclades,

je choisis… Tinos.

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Une escapade de charme au cœur d’un été qu’on souhaiterait éternel.



- Ormos Isternion, face à Siros -


Même si j’ai toujours quelques résistances à faire la réclame d’une destination qui nous a comblée, dans la crainte surtout que trop de lecteurs s’y rendent et la dévoient, je ne peux m’abstenir de faire partager notre récente expérience. L’île de Tinos, comme ses sœurs des Cyclades, est baignée de lumière. Une lumière omniprésente, quasi surnaturelle qui éblouit tout et transcende le paysage le plus humble. Amplifier par le miroir de la mer, elle brûle le paysage comme notre peau, même si Éole vient tempérer sa chaleur. Plus constant et violent que notre mistral, le meltem rafraîchit l’atmosphère et l’eau.


Arrivés de Nice par Aegean (meilleure compagnie régionale européenne), à l’aéroport international de Venizélos, nous avons pris un taxi qui, en moins d’une demi-heure, nous a conduit au petit port de Rafina. S’il eut son heure de gloire, il n’offre que peu d’intérêt pour le touriste lambda. Les ferries s’y succèdent pour conduire en quelques heures leurs passagers d’Andros à Tinos, Mykonos, Delos, Naxos… En moins de quatre heures d’un tranquille voyage, nous avons ainsi débarqués au petit port de Tinos, capitale discrète qui administre la vie des 8 000 habitants de l’île. Beaucoup plus durant les mois d’été, sans qu’il y ait foule, sauf en périodes de pèlerinage, en mars et en août. Curieusement beaucoup de Français y font étape, sans qu’on trouve de raisons particulières à leur présence… Preuve, la plupart des menus sont en grecs, anglais et… français. Il n’est pas rare de trouver des commerçants, des employés d’hôtels et d’entreprises de location de voitures, qui répondent dans notre langue.



 - Pyrgos, capitale du marbre blanc -


Deux à trois jours suffisent pour parcourir les 27 kilomètres de Tinos et explorer toutes les opportunités offertes, notamment la visite du village de Pyrgos dédiée au marbre blanc. Mais rien n’empêche de paresser une dizaine de jours, les pieds dans l’eau, dans une de ces chambres proposées à la location, la plupart à des prix forts raisonnables. C’est ce que nous avions fait à l’Hôtel Akrogiali, situé à 6 kilomètres du port. L’île mise sur le tourisme et offre sa beauté naturelle, ses maisons blanches aux volets bleu ou rouge, ses terrasses en pierre et galets, ses églises orthodoxes, ses nombreux pigeonniers… Un minimalisme de bon aloi qui résume un art de vivre simplement et d’apprécier le temps qui passe en sirotant un verre d’ouzo ou de raki… Les anciens habitants ont depuis longtemps abandonnés la pratique d’une agriculture intensive. Ne reste que les traces de leur labeur, ces milliers de terrasses qui s’étagent du rivage jusqu’aux sommets dépassant les 600 mètres d’altitude. Si, à observer le comportement des Tiniotes, surtout les jeunes, on comprend qu’ils ont adopté les habitudes alimentaires contemporaines, la plupart des tavernes et restaurants mettent leur point d’honneur à proposer des plats traditionnels, réalisés le plus souvent avec des produits locaux.



- Pavlos, affable patron de la taverne Malamatenia -


Si l’on fait abstraction des produits de la mer, chers et la plupart du temps surgelés venus du continent (les Grecs ont trop pratiqué la pêche à la dynamite et épuisée la ressource), les menus comptent de nombreuses spécialités digne d’intérêt. Nous avons pu faire le tour de la question dans la taverne « Malamatenia » devenue notre cantine. Tenue par un très accueillant Pavlos, elle a du style. Sa cuisine est variée et saine. Sa décoration joue avec le bleu et le blanc. Des photos des habitants sur les murs, de la musique traditionnelle en fond sonore, une cuisine d’une propreté implacable… Le vin rouge y est servi en carafe dans de petits verres et le vin blanc, le retsina, peu alcoolisé (de plus en plus boudé par les Grecs), dans des récipients en métal… La bière de Tinos, légère, est réputée.


Nous conseillons vivement de commander des Mezés. Accompagnés de pita, ils permettent de goûter à tout et de partager. Ils déclinent un régime méditerranéen, à juste titre inscrit au Patrimoine immatériel de l’humanité. Outre la salade grecque dont la composition varie selon la saison mais toujours servie avec un morceau de fromage de chèvre ou de brebis, on a l’embarras du choix : Dolmadakia (feuilles de vigne citronnées), Moussaka servie avec une portion de tzatziki (yaourt épais au concombre et à l’ail), agneau cuit au four en papillote, salade d’artichaut, beignets de pois chique, de tomate ou de fenouil, aubergines et poulpes grillés, skordalia, une purée d’ail et de pomme de terre… Bien sûr, l’ingrédient remarquable qui domine est l’huile d’olive ainsi que les herbes aromatiques récoltées sur les îles. Au dessert, ne pas manquer les baklavas au miel et cette autre spécialité dénommée Amygdalotas, ces délicieuses petites pâtisseries aux amandes et sucre glace. Les amateurs de café grec demanderont ena elliniko en précisant s’ils le veulent sucré ou pas...



- Panormos, au nord de Tinos -


Certains choisissent des lieux de villégiature au bout du monde. Les Seychelles, la Thaïlande, Bali, Maurice les font rêver… D’autres, à la recherche d’authenticité, choisissent de passer moins de temps dans les transports aériens et plus de temps à profiter de leur séjour. La destination de Tinos est une option valide ainsi que la visite des îles voisines...



- un des nombreux pigeonniers de Tinos -


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