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Paul Pacini : 93 ans de mémoires...

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Catégorie Pays de Lérins

Il a vécu plusieurs vies et vu passer beaucoup de monde dans ses établissements de nuit et son bowling parisien du Bois de Boulogne...


- Paul Pacini entouré que quelques proches -


Privilège de l’âge, Paul Pacini fait parti de ces personnes, de plus en plus rares nous en conviendront, qui ont connu à la fois les débuts du cinéma, de la télévision, de l’informatique et d’Internet. À Marseille, dans son enfance, les gens s’arrêtaient encore pour voir passer un avion dans le ciel ; dans les rues les véhicules à moteurs croisaient les charrettes et les tramways tirés par des chevaux ; dans les ruelles se faufilaient les « tinettes » qui récoltaient les matières fécales de chaque habitation pour aller les répandre dans les champs cultivés de la périphérie...


Comme pour tous ceux de sa génération, la seconde guerre mondiale écrivit une terrible parenthèse. Il s’y distingua en rejoignant son père, Armand, dans les maquis du Vercors. À la Libération, il s’essaya à plusieurs métiers avant de se retrouver un jour à Paris à diriger le « Plancher des Vaches ». C’était au temps où les Français trouvaient au whisky un goût de punaise écrasée. C'était le temps des flonflons, des bals musettes et des après-midi dansants. 


Paul Pacini allait bousculer les habitudes des Français. D’abord en créant en 1952 son premier « Whisky à Gogo », puis en remplaçant dans les établissements de nuit les petits orchestres par de la musique électronique. Toujours à la pointe du progrès technologique, il investira ses profits dans l’utilisation des plus récentes techniques dans ses night-clubs. À Paris, il reçu un nombre incalculable de personnalités du show-biz et de la politique aussi... Il fit danser des générations de Cannois dans son Whisky à Gogo de l’avenue de Lérins puis dans son Studio Circus boulevard de la République… avant de mettre sur les rails Cannes Radio voulu par son ami Michel Mouillot. Il aura en cinquante ans lancé bien des modes. Et le moins qu’on puisse dire : il aura fait école. Pas un suiveur, mais bel et bien un visionnaire !


Le temps de la retraite est venu et Paul a coutume de dire : j’ai été riche, maintenant je suis heureux… Une déclaration qui correspond bien à son personnage qui après bien des succès et des orages prend un repos bien mérité entouré de ses amis et de 93 ans de souvenirs...