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Présidentielles. Quand l’improbable devient la norme…

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Qui aurait parier sur Trump ou sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ? Qui aurait pensé voir Juppé si loin derrière Fillon, voir Duflot éliminé, Hollande se dégonfler ? En tout cas pas les médias ni les instituts de sondage pour une fois pris à leur propre jeu et quel jeu, celui de l’information partisane et des questions truquées.


Dans la perceptive des prochaines échéances, le jeu de massacre continue et chaque camp tire à vue sur ses opposants qu’ils soient à l’intérieur de leur parti ou à l’extérieur. La primaire de la gauche a déjà laissé sur la carreau Montebourg, celle de la droite Juppé. Objectivement le choix de Hamon favoriserait la candidature de Macron… Mais les événements succèdent aux événement plus improbable les uns que les autres.


Médiapart a attendu le résultats de la primaire de la droite pour sortir son artillerie contre Fillon. Elle a fait mouche et ses révélations ont bel et bien déstabilisé le candidat, bien empêtré dans ses explications… Il risque de tomber alors que, dans le contexte actuel, ce qu’on lui reproche peut sembler dérisoire mais à haute valeur symbolique ajoutée…


Personne ne semble épargné. On reproche aux uns leur proximité avec les Frères musulmans, aux autres leurs soutiens, leur cumul des mandats, leurs pratiques extravagantes… Fillon risque de plonger pour avoir rémunéré sa femme et deux de ses enfants tandis que Macron est critiqué pour avoir profité de son séjour à Bercy pour lancer son mouvement, comme si les élus en poste ne profitaient pas tous de leur situation pour assurer leur réélection… Objectivement des reproches mineurs lorsqu’on sait ce que certains sont prêts à faire pour être élus ou réélus. Cela, cette déontologie évolutive, n’excuse pas ces pratiques douteuses mais elle les explique. On est loin des débats de fond, des projets de société, de l’essentiel quoi !


Qu’on le veuille ou non, Emmanuel Macron est le candidat le plus atypique et celui qui pourrait bénéficier le plus de la cacophonie générale, de la perte de confiance dans les partis et leur appareil. Pourra-t-il arriver pour autant jusqu’à la finale puis gagner par exemple contre une Marine Le Pen ? Les sondages nous diront tout ce que nous voulons croire et leur contraire. Mais à écouter ses voisins et à zapper sur les réseaux sociaux, David pourrait bien battre Goliath.


Dans le département des Alpes-Maritimes acquis jusqu’à nouvel ordre à une droite endeuillée par l’absence de son leader Nicolas Sarkozy, la partie est loin d’être évidente. Les soutiens nationaux du candidat font trop pencher la balance vers la gauche pour déclencher ici une frénésie d’adhésions. Pas facile pour les animateurs de « La Droite Avec Macron ». Hier, ils recevaient à Cannes Renaud Dutreil. Cet ancien ministre des PME de Jacques Chirac est l’initiateur de cette sensibilité. Il était venu faire un peu de pédagogie et surtout répondre aux questions inquiètes d’un public ciblé, parmi lesquels des déçus du parti Les Républicains. Sur le thème Comment remettre en marche la France, il s’est aussi adressé à la jeunesse et porté un message d’espoir.


Comme le rappelait à cette occasion Philippe Buerch le responsable local : «  notre appartenance à cette organisation solide mais informelle [La Droite avec Macron] a aussi un triple objectif. Réaffirmer clairement qu'il existe bel et bien une Droite pro-européenne qui ne veut pas se résoudre à la voie sans issue du Brexit. Réaffirmer, aux côtés d'Emmanuel Macron que nous sommes des libéraux pragmatiques : nous aimons la liberté d'entreprendre et défendons les valeurs de l'effort, du travail, de la responsabilité et de la reconnaissance du mérite. Réaffirmer que l'humanisme, la défense d'un projet qui met la dimension solidaire au cœur de ses valeurs, sont autant de facteurs qui rassemblent des hommes et des femmes de sensibilité de Droite, d'une Droite de progrès, ouverte, moderne et apaisée…. »



- Philippe Buerch, Jean-François Desjacques, Renaud Dutreil -