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Alpes-Maritimes : la nouvelle assemblée…

départementale.

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« Profondément renouvelée » déclarait l'ex ancien devenu le nouveau… président de l'institution départementale, Eric Ciotti. Car, si la nouvelle mouture a modifié le contour des territoires et imposé la présence des femmes, il y a peu de vraies nouvelles têtes.. Toutes ou presque ont longtemps milité, même si pour certaines figures, ce fut dans l'ombre de leur parti et de leurs leaders. La plupart des nouveaux sont de bons soldats qui marcheront au pas. Il le faudra bien si l'on ne veut pas que l'Assemblée ressemble à une pétaudière. Ces binômes, mariages de raison plutôt que d'amour, tiendront-ils le temps d'une mandature ? Combien de disputes et de divorces donneront-ils lieu ? Cette structure remaniée survivra-t-elle d'ailleurs aux réformes annoncées qui vont vers une fusion Région Département ?



Dans son discours... d'intronisation, le président rappela brièvement que le premier département azuréen fut créé en 1793, comprenant Monaco et San Remo, avant de retourner au royaume de Piémont-Sardaigne en 1814. En mars 1860, le rattachement du Comté de Nice à la France fit connaître à ce territoire d’autres lois, une autre organisation, une autre culture… Le rattachement* du Comté de Nice à la France, qualifié de chef d’œuvre par le général de Gaulle lors de sa visite à Nice le 22 octobre 1960, marqua le début de l’extraordinaire essor du département des Alpes-Maritimes, créé par la loi du 23 juin 1860.


Y sont nées ou y ont vécu des personnalités telles René Gassin, Edouard Corniglion Molinier, Monseigneur René Rémond, Simone Veil, Le Clézio, et bien d'autres glorieux inconnus… Des politiques visionnaires s'attachèrent à faire du département ce qu'il est devenu comme François Malaussena, Virgile Barel, Jean Médecin, Charles Ginesy et bien évidement... Christian Estrosi.


S'adressant à l'Assemblée, Eric Ciotti loua ensuite les vertus de la proximité : « C’est grâce à cette proximité, grâce à cette vérité, grâce à votre autorité que vous avez été élus ou réélus, pour certains dès le premier tour, afin de faire vivre nos valeurs. C’est grâce à un discours clair et une attitude politique franche que nous conserverons la confiance de nos électeurs. C’est grâce à nos valeurs, à notre morale politique que nous pourrons regarder l’avenir droit dans les yeux dans cette période nouvelle car, je le crois profondément, nous entrons dans une nouvelle ère pour les collectivités territoriales. »

L'accent fut aussi mit sur les défis à relever : celui des solidarités, humaines d'abord, en faveur des populations fragiles (47 000 personnes bénéficient déjà du RSA), solidarité territoriale qui doit s'exprimer auprès des communes ; défis de la jeunesse ensuite (avec l'emploi) et celui de la sécurité face à la violence ordinaire comme face au djihadisme.


Dernier défi à relever celui mis en évidence par le fort taux d'abstentions constaté. Eric Ciotti compte s'y attaquer en se fondant sur la vérité et la transparence, sur la proximité de l'écoute et l'autorité.

Cinquante quatre conseillers départementaux élus donc. Parmi eux autant de femmes que d'hommes, le sexe fort s'attribuant les deux première places, celle de président et de premier vice-président, Charles-Ange Ginesy. On notera aussi que la quasi totalité des membres de cette institutions posséde déjà des charges électives, comme celles de maires, adjoints, CM, conseillers intercommunaux, conseillers régionaux, députés... Ils font parti des cumulards de la République qui, à ce titre, empilent les indemnités petites et grandes. Une réalité qui dérange et ne facilite pas la réconciliation du public avec la classe politique, surtout dans une période où l'austérité est le maître mot...


*un lecteur attentif tient à préciser que le terme "rattachement" date des années soixante. En effet le terme officiel de 1860 est "annexion" de Nice et de la Savoie à la France. Merci à lui !