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Antibiotiques : des éleveurs

font l’impasse...

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Longtemps dénoncée, l’utilisation à grande échelle, de façon systématique et préventive des antibiotiques, est considérée par la plupart des éleveurs comme une obligation. Ce ne sont pas les industriels, les pharmaciens et les vétérinaires qui s’en plaignirent les premiers... Mais plutôt des consommateurs exigeants, quelques scientifiques qui en dénoncèrent les effets à longue échéance sur la santé des humains. Organisés en associations ils ont alerté l’opinion et grâce à eux, la législation a fait quelques progrès.



Des progrès encore bien insuffisants jugent les membres de l’association Certi’ferme qui depuis 2010 ont placé la barre aussi haute que possible en se donnant comme objectif de quasi supprimer les antibiotiques dans leurs élevages. Ils participent ainsi, de façon concrète au plan National de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire. Ils répondent aussi au souhait partagé par de plus en plus de consommateurs de trouver des produits alimentaires de qualité et sécurisés.

Ces éco-guerriers se sont entourés de partenaires que l’on retrouve tout au long de la filière, du couvoir à l’abatteur/transformateur, en passant par l’éleveur, le cabinet vétérinaire, le laboratoire d’analyses ou l’entreprise de nutrition animale qui ont tous le soucis de réduire, voire de totalement faire l’impasse sur les médicaments utilisés jusque là (antibiotique et anticoccidiens). Avec par exemple comme alternative l’usage d’huiles essentielles. Mais c’est surtout dans l’observance d’un cahier des charges sanitaires revu et corrigé qui définit les bonnes pratiques d’élevage. On y retrouve aussi le souci de réduire son empreinte carbone, celui du bien-être animal, sans négliger pour autant la sécurité alimentaire.

Quatre cents éleveurs de volailles (principalement situés dans le massif armoricain) font ainsi partie de ces pionniers qui montrent le bon chemin car il est clair que plusieurs reportages diffusés à la télévision et sur les réseaux sociaux ont de quoi révolter les consommateurs. Y sont dénoncés les conditions atroces dans lesquelles les volailles sont élevées et les conséquences présumées et logiques sur la qualité des produits et la santé de ceux qui les consomment, en particulier sur le long terme.

C’est une véritable remise en question pour les éleveurs qui implique de nouvelles contraintes qui vont bien au delà de la législation actuelle, des espaces réaménagés et plus confortables pour les volailles, des contrôles sanitaires multipliés, ainsi qu’une approche alimentaire différente, 100% végétale.

Un logiciel, consultable sur une tablette, a été mis au point pour aider les éleveurs de l’association dans leur démarche. Il leur permet d’assurer le respect des normes qualité tout en simplifiant les démarches administratives. De plus, il leur garantit une traçabilité en temps réel, ce qui est unique en France.

Un bel effort qui mérite de faire école et qu’il convient d’encourager !


- renseignements : Valeurs d’éleveurs

 

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