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Center Parcs : si l’intérêt économique n’est pas garanti,

l’impact sur l’environnement l’est...

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Tous les Center parcs, les Seaquariums et autres Aqualands ne sont pas rentables et Disneyland Paris qui se trouve en fait à 32 km de la capitale, a été mis plusieurs fois en difficulté. Le concept même de ces centres commerciaux est contesté. Dernier en date, le projet du Center Parc de Royon, en Isère.


Le Groupe Pierre et Vacances avait dans un premier temps obtenu les autorisations administratives permettant la construction d'un établissement pouvant accueillir 5 000 personnes/jour durant toute l’année ; 210 hectares situés dans le bois des Avenières, entièrement en zone humide, la majeure partie sur le bassin versant de l’Herbasse, au niveau de ses sources.

Il s'agit selon France Nature Environnement, de la plus grande opération de destruction de zone humide menée depuis des décennies en Rhône Alpes. Elle impactera directement l'alimentation en eau de l'Herbasse et de la Galaure déjà en déficit hydrique. La consommation d'eau sera supérieure à 1000 m3 / jour sur un bassin qui est déjà en déficit hydrique avec une augmentation des prélèvements de l'ordre de 250 m3 / jour. Le projet entraînera la destruction directe et indirecte de nombreuses espèces protégées, notamment d'amphibiens et impacte une station d'écrevisse à pattes blanches (espèce dont l'habitat est sensé être protégé par la directive habitat naturels).

Il est remarquable de constater un fois de plus que le rapport de la Commission d’enquête n’aura servi à rien. Défavorable pour pas moins de 12 raisons, il précisait que sur les 727 observations de citoyens recueillies lors de l’enquête publique, 60% étaient défavorables au projet. Il insistait aussi sur les risques de crues et d’érosion dus aux aménagements hydrauliques et sur le problème irrésolu des vidanges. L’Etat, à travers son représentant, s’était rangé du côté des aménageurs qui promettent comme c’est toujours le cas, des retombées... économiques. Depuis, les lignes bougent. Ainsi la région Rhône-Alpes a rejeté un vœu de soutien au projet. Quant à la ministre, Ségolène Royal, elle déclarait mais un peu tard qu’il faut  « écouter ce que disent les commissions d’enquêtes »...

Les écolos pointent du doigt des lacunes et le fait par exemple qu’à aucun moment les alternatives de l'abandon du projet ou d'une réalisation sur un site moins sensible n'ont été envisagées alors que c’est obligatoire. Inquiets, on le saurait à moins après les incidents de Sivens et un tragique décès, ils demandent maintenant une inspection des lieux et le rétablissement du dialogue entre les partis.

En guise de Réveillon de Noël le groupe commanditaire, Pierre & Vacance, vient de se pourvoir en Cassation auprès du Conseil d’Etat... Il aura à choisir entre les bienfaits présumés d’un projet et ses conséquences sur un patrimoine naturel attaqué de toutes parts.