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Les fêtes de Noël : c’est canon !

Archives des années 50.

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Si les canons à neige ont révolutionné l’industrie du ski dans nos stations alpines, c’est un peu à cause d’un Prince des Nuits parisiennes et cannoises : Paul Pacini, inimitable animateur et organisateur d’événements hors normes et le plus souvent novateurs.


L’homme qui avait plus que la plupart de ses concitoyens le sens de la fête, ne manquait pas de régaler à l’approche des fêtes de fin d’année, ses nombreux clients et surtout amis qui fréquentaient ses établissements de nuit comme son bowling du Bois de Boulogne, d’une surprise maison.

Ainsi, cette année-là, il se mit à rêver d’un Noël enneigé en plein centre de Paris... Un rêve pas si fou car Paul Pacini avait, au cours d’un voyage en Floride, été intrigué par la stratégie adoptée par les cultivateurs de citronniers et autres agrumes sensibles aux coups de froid. Sans attendre que les fleurs subissent les effets irréversibles du gel et anéantissent leurs espoirs de récoltes, ils projetaient, dès que la température de l’air frisait le zéro, un fin brouillard à l’aide d’une sorte de tube métallique, terminal d’un tuyau d’arrosage, monté sur un trépied stabilisateur. Transformé en neige, la couche ainsi formée isolait les fleurs de températures plus extrêmes et sauvait les récoltes.

Paul Pacini y vit là une occasion de plus de faire la pluie et le beau temps, en l’occurrence de faire, à l’approche des fêtes, tomber la neige. Aussitôt pensé aussitôt fait. Notre génial amuseur fit venir dare-dare un exemplaire de ce providentiel « canon » et lança les invitations. Ce serait le 15 décembre à Un peu inquiet malgré tout, Paul Pacini surveillait la météo : ferait-il assez froid pour que l’eau se transforme en neige ? Car il était impératif que la température atteigne le zéro.

Encore une fois, la chance fut avec lui et, à la grande stupéfaction de ses invités qui avaient avant de venir vérifiés qu’aucune chute de neige n’était annoncée, les flocons commencèrent à s’accumuler au lieu et à l’heure dite... Jeu de boules de neige au programme des réjouissances, avec comme co-animateur de choc, Edith Barclay qui n’en était pas encore à organiser ses fameuses « nuits... blanches » tropéziennes.


- Edith Barclay en Torero et Paul Pacini en grognard de l’Empire -
- unique photo de la première utilisation connue d’un canon à neige en France -

 

Le lendemain, il se mit à neiger à gros flocons sur Paris. Un des amis présents la nuit précédente, téléphona alors à Paul Pacini pour lui demandant de... débrancher le fameux « canon ».

Mais l’histoire de ce canon à neige introduit par Paul Pacini en plein cœur de Paris ne s’arrête pas là. Edmond de Rothschild contacta peu après l’auteur de cette plaisanterie mémorable pour une raison beaucoup plus sérieuse. S’il neigeait à Paris et dans les stations de ski des Alpes du Sud, la couche de neige était bien insuffisante plus au nord et les pistes les plus basses en altitude ne pourraient pas ouvrir pour Noël, au grand dam des hôteliers, des commerçants et des touristes. Comprenant que ce canon à neige pourrait permettre l’ouverture des pistes réservées aux enfants, il demanda à Paul Pacini de lui prêter l’engin. Et, effectivement, une fois installé sur une des pistes privées de l’Hôtel du Mont d’Arbois à Megève, le canon démontra son efficacité au grand bonheur des grands et... surtout des petits. Démonstration qu’une petite cause pouvait avoir de grands effets !