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Développement durable : l’interdiction des sacs plastiques...

amendée.

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Il est toujours aussi difficile en France de prendre des décisions qui contrarieraient les intérêts des industriels et de leurs lobbies. L’interdiction des sacs en est la dernière illustration.



- ainsi en emporte le vent... Montréal -

La loi sur la transition énergétique doit adopter une mesure d’interdiction des sacs plastiques à usage unique. C’est une bonne nouvelle, sauf que … Sauf que certains sacs en seront dispensés et qu’ils sont considérés, à tort, comme « écologiques ». Les responsables de France Nature Environnement expliquent pourquoi :

Parce qu’il y a plastique et plastiques et que le biodégradable n’est pas sans effets pervers. 50% des sacs vont à la mer et dans l’assiette… Les sacs jetables écologiques n’existent pas. Qu’il soit bio-sourcé, oxo-fragmentable ou compostable, le sac plastique jetable n’est pas écologique. Le « bio-sourcé », fabriqué à partir de productions agricoles ferait concurrence aux productions alimentaires, à l’image de ce que produisent sur le marché les agro-carburant. Les sacs « oxo-fragmentable » dispersent dans le milieu les « micro-plastiques » qu’ils libèrent en se décomposant. Les sacs « bio-degradables » ne le sont que dans des composteurs industriels. Comme 50% des sacs échappent à l’incinération ou à la mise en décharge, ils se retrouvent fatalement en mer où ils ne se décomposent pas.

Les sacs plastiques représentent jusqu’à 75% des déchets trouvés au fond des mers ; 94% des oiseaux de la mer du nord sont contaminés par des plastiques. Le problème, outre son coût (estimé à 18 millions € de frais de nettoyage pour le seul Royaume Uni), est donc environnemental et pourrait bien être aussi un problème de santé publique dans la mesure surtout où leurs éléments une fois les sacs décomposés se retrouvent dans la chaîne alimentaire dont nous sommes les derniers maillons...

Pour Benoit Hartmann porte parole de FNE, il faut interdire au plus vite les sacs plastiques, tout court, et s’interroger sur le « jetable » : les alternatives existent. Du sac en tissu lavable, au cabas, en passant par le panier en osier, les solutions alternatives ne manquent pas et de nombreux Français les utilisent déjà. Les progrès constatés en France plafonnent pourtant. Aussi il est plus que temps d’en arriver à l’interdiction complète des sacs plastiques, sans tergiverser ni transiger. Tous les sacs doivent être visés, y compris dans les commerces non alimentaires qui ne sont pas concernés par l’interdiction.

De son côté, Denez L’Hostis, le président de FNE, craint que ces sacs jetables présumés biodégradables et écologistes donnent bonne conscience au consommateur qui verrait là un moyen de ne pas vraiment changer de comportement.

Comme dans bien des cas, le système renâcle et cherche une parade qui ne risque pas de trop modifier la donne et les marchés. On n’est jamais alors bien loin du « green washing », jamais jetable celui-là et dont l’obsolescence n’est toujours pas programmée...