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Côte d’Azur : Picasso saisi par l’objectif

de ses amis photographes...

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Capturé par des photographes de talent devenu ses amis, il sera omniprésent cet été à Cannes, Antibes, Vallauris, Mougins... Des manifestations et des expositions lui rendront hommage à l’occasion du quarantième anniversaire de sa disparition, un certain 8 avril 1973 dans sa propriété mouginoise : Notre-Dame de Vie.


- Giuseppe Cosmai directeur du Mas Candille, Mark Silver propriétaire, Leisa Paoli responsable du MACM, Serge Gouloumés chef étoilé et Mark Merroni directeur du Musée -

L’observation de ces photos... volées avec l’approbation et la complicité du maître est riche d’enseignements. On le voit sur son lieu de vie et de travail, accordant peu d’importance à la décoration. Des murs d’un blanc un peu défraîchi sur lesquels il pose certaines de ses œuvres, d’autres sont simplement posées contre. Peu de bibelots, peu d’effets de genre. Aucun décorateur n’est venu agencer ces espaces que Picasso est seul à occuper. Jacqueline connaît la règle du jeu et le laisse libre de son temps. Elle sait d’instinct qui peut l’approcher bien que sur ce sujet, elle ait pris quelques douloureuses décisions concernant sa famille... on connaît l’histoire. Et justement parmi ces personæ gratæ, des proches devenus des amis qui manient plutôt bien l’objectif, comme Lucien Clerc, André Villers, Henri Traverso, Edward Quinn... comme avant eux Brassai, Capa, Cartier Bresson...

Ce sont désormais certaines de leurs photos qui jalonnent pour l’éternité son environnement et contribuent à leur façon à lever (en partie) le... Mystère Picasso. Certaines ont une réelle valeur historique, artistique et donc acquis une cote qui n’est pas simplement d’azur.

Dix sept, signées Lucien Clergue et sorties pour cette occasion du Musée d’Art Classique de Mougins, sont visibles au Mas Candille, à Mougins, plus précisément autour de la piscine éminemment photogénique de la Pergola. Une exposition qui durera le temps d’un Festival de Cannes. Dix sept photos qui résument à elles-seules les dernières années du maître. Une période qui le vit, dans un silence studieux, produire encore et encore des croquis, des dessins, comme si, à l’approche de la mort, il fallait accélérer la cadence jusqu'à brûler ses derniers feux. Ce qu'il appelait l’Antre du Minotaure, devint une sorte de musée ouvert à tout vent, quelques 37 pièces meublées de ses œuvres, posées ici et là, quelques fois épinglées ou accrochées sans soin particulier sur les murs... Le maître s’y promène en peignoir, joue avec son chien, parle avec ses amis, attentif à la fuite du temps qui inexorablement... passe.

Le choix du Mas Candille comme lieu d’exposition aurait sans doute ravi Picasso qui ne dédaignait pas la bonne table. Nous l’avions croisé à plusieurs reprises dans l’établissement de la Croisette Félix qu’il affectionnait, tenu à cette époque par son créateur M. Cenci. Il avait eu la gentillesse d’ailleurs de signer la première page de la revue, tandis que Jacqueline y ajoutait son graphe.

- Pablo et Jacqueline, sur la Croisette, devant Chez Félix - 1970 -