Paris Côte d'Azur

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Cannes : pages d’archives I

René Schoebel, directeur de la Plage du Martinez.

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À la recherche de ce temps perdu qui ne se rattrape jamais... Lorsqu’on part à la recherche d’une personne sur Google, Yahoo, Wikipédia et autres Live Search, et qu’on ne retrouve pas sa trace, on en vient à se demander si elle a vraiment existé. Il semble qu’il y a un avant Internet et un après. Ainsi en feuilletant le magazine » Paris Côte d’Azur » créé par Fernand Dartigues en 1959, on se rappelle du passage de quelques personnalités qui ont marqué à leur façon, le paysage. Ainsi René Schoebel :



Né en 1922, Alsacien d’origine, membre d’une fratrie qui marqua l’histoire de la pédagogie de la natation avec pour chef l’ainé, Émile, René Schoebel était descendu chercher une place au soleil du Midi. Assez rapidement il devait prendre en main la gérance de la plage du Martinez à Cannes. Il en fit sa chose (ce que la direction finit par lui reprocher)  aidé par sa femme, main de velours mais gant de fer...

Il avait su établir un lien fort avec la clientèle aisée pour ne pas dire plus, de ce prestigieux établissement hôtelier. Plagiste, masseur (il n’était pont besoin de diplôme en ces temps) mais aussi moniteur de natation et surtout de ski nautique. À combien d’enfants et d’adultes n’a-t-il pas appris à nager et à skier durant les décennies où il a officié ! Impliqué dans la vie de la cité, il avait pris la présidence de la section natation de l’Association Sportive de Cannes. À cette époque, la fin des années 50, il n’y avait pas de piscine municipale et il entrainait les nageurs en mer, leur donnant rendez-vous sur la plage publique voisine de celle du Martinez. Une planche pour chacun, direction les bouées du large, aller-retour et repetitas. Pas de virages et la surprise de les découvrir lors des compétions départementales de septembre dans le bassin niçois du Piol... Il plaida auprès du maire de la ville, Bernard Cornut-Gentille, pour la création d’un bassin olympique mais ce dernier n’en voyait pas la nécessité : mais vous avez la mer, lui répondait-il un rien moqueur.

Lui et sa femme adoptèrent deux enfants. Anecdote significative, profitant d’une longue intersaison (les plages laissaient alors le sable vierge d’octobre à Pâques) ils acceptèrent un contrat dans un hôtel à Miami. Les Américains leur firent réaliser sans trop de délicatesse que son fils, de peau colorée, n’était pas vraiment le bienvenu. Ils choisirent ensuite de passer lerus hivers dans un des hôtels les plus renommés de Megève : le Mont d’Arbois, fleuron des Relais & Châteaux. Là, René continua à apprendre à nager avec sa patience légendaire et son savoir faire, à moult enfants de la gentry internationale...

René nous a quitté, il y a déjà quelques années. Nous avons pour lui une pensée émue et reconnaissante, car il fut notre premier entraineur de natation.