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Alpes-Maritimes : le Parc du Mercantour victime

d’une polémique spécieuse...

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Le procès verbal dressé par les gardiens du Parc national pour défaut d’autorisation d’une manifestation à l’intérieur des limites du dit Parc a été monté en épingle. Sciemment ? En tout cas cette affaire a fait le tour des popotes, alimenté les échanges sur Tweeter et fourni de la copie au quotidien régional.

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Devant les réactions excessives des politiques, relayées par une presse complaisante, les responsables du Parc ont été contraints de se défendre et d’expliquer. Leur communiqué rappelle simplement que les fonctionnaires du Parc n’ont fait qu’appliquer la loi (s’ils ne l’avaient pas fait, cela aurait pu être considéré comme une faute professionnelle) : « Le PNM est un établissement public dont l'une des missions est de faire respecter la réglementation propre à la zone cœur du parc national. Cette mission de police est confiée aux garde-moniteurs qui l'appliquent sous l'autorité du Procureur de la République. Parmi les règles applicables, toute manifestation publique (culturelle, sportive...) doit faire l'objet d'une demande d'autorisation préalable au directeur du parc. C'est bien ainsi l'aspect public de la manifestation qui justifiait le besoin d'autorisation, et non son caractère cultuel. »

D’évidence, cette demande n’avait pas été faite mais ce PV d’avertissement aurait pu en rester là si les politiques n’avaient pas réagi au quart de tour, c'est-à-dire sans prendre le recul souhaitable en la matière. Le maire de Saint-Dalmas concerné au premier point, Jean-Pierre Issautier, aurait à l’issue d’une rencontre d’explication, proféré des menaces à l’égard des gardiens qui ont dû déposer plainte à la gendarmerie pour se protéger de leurs conséquences éventuelles. Puis le téléphone a sonné du nord du département vers le sud... Christian Estrosi, toujours prompt à dégainer y est allé bille en tête :

«  Les restrictions imposées pour ces célébrations religieuses et traditionnelles me heurtent et vont à l’encontre des principes que je défends pour la vie dans nos villages. Avec l’interdiction de cette tradition, ce sont la Métropole Nice Côte d’Azur et ses 46 Maires qui sont visés. La plainte déposée contre un Maire unanimement estimé, est un affront à tous les élus métropolitains qui se battent chaque jour pour conduire l’intérêt général. Jean-Pierre Issautier a, depuis son élection, exercé avec compétence et sérieux son rôle de Maire et chacun d’entre nous peut en témoigner. Faisant l’unanimité parmi la population de sa commune et de la Vallée ainsi qu’auprès de l’ensemble des élus de notre département, je tiens, en tant que Député, Vice-président du Parc National du Mercantour et Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, à lui apporter tout mon soutien et celui de la Métropole toute entière et je m’engage à ses côtés. »

Bien sûr, il n’est pas question ici d’interdiction quant à la notion d’affront, elle est il est vrai subjective.

Pointant peu après en tant que président du Conseil général des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti y allait de son couplet. Il s’indignait de cet outrage fait à un maire du haut-pays niçois (il faut savoir que depuis des lustres, ces maires sont la clé des élections à la présidence du Conseil général et à ce titre hyper-protégés (lire chouchoutés). L’offense était selon lui si grave que, prenant la nouvelle ministre de l’Écologie Delphine Batho, à témoin, il lui demandait « de bien vouloir prendre toutes les dispositions » dans le but de restaurer un climat de respect mutuel entre les autorités du parc et ses habitants...

Plutôt que de régler ce mini problème en famille (ce n’est même pas du linge sale) mais juste des réactions épidémiques, les politiques ont sur-réagi au risque de friser le ridicule. Au ministère hollandais, certains doivent... sourire.