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Nice : Estrosi contre Escota...

Éric Ciotti dans le sillage.

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Après avoir soufflé dans les bronches des responsables de l’Aéroport de Nice Côte d’Azur, le maire de Nice s’en prend au PDG d’Escota et à sa politique.


- Philippe-Emmanuel Daussy, PDG Escota -

Christian Estrosi, Maire de Nice, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, accompagné d’Éric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes, dénoncent les propos qu’ils jugent méprisants du PDG de Escota, Philippe-Emmanuel Daussy, et saisissent le Ministre des Transports.

« Nous ne pouvons imaginer que le PDG d’un grand concessionnaire autoroutier comme Escota puisse tenir les  propos parus dans l’édition de Nice Matin de ce jour (mercredi 6 juin). Ce n’est pas notre vision du sens de l’intérêt général, ni du service public. La politique que nous menons depuis plus de 10 ans, tant au sein du Conseil général qu’à la Mairie de Nice et à la Métropole Nice Côte d’Azur, en matière de déplacements et de transports,  a précisément  pour principal objectif de faciliter la circulation des habitants de ce territoire tout en préservant leur environnement. 

C’est dans cette perspective que nous avions sollicité dès 2008, le Conseil d’État pour pouvoir rattacher la sortie de la voie Mathis à l’autoroute : projet qui avait été  initialement prévu  puis abandonné par le concessionnaire au moment de la construction de l’Autoroute. Nous ne pouvons donc accepter les critiques  sur la voie Mathis, qui permet chaque jour à plus de 70.000 niçois de rejoindre leurs lieux de travail tout  en évitant l’axe de la Promenade des Anglais et parce que le cout d’un trajet autoroutier est prohibitif.

Le projet de tunnel que nous avons présenté vendredi 1er juin dernier permet précisément d’accéder au plus près de l’autoroute par l’échangeur de la Digue des Français de façon  simple et directe. Nous regrettons le manque de coopération de cette société dans la mise en œuvre des projets programmés d’infrastructure. Ainsi, lorsqu’en 2008, nous avons demandé la gratuité de la bretelle reliant la 2202 bis à l’A8, Escota a opposé un refus de principe. Il a alors fallu que nous allions défendre les intérêts des usagers auprès du Ministre des Transports en 2011 et, celui-ci nous a donné raison. Tout récemment encore, nous avons pu constater que les  travaux de modification de l’échangeur de Saint-Augustin, prévus dès janvier 2012, n’avaient toujours pas débuté. 

Plutôt que de tenir de tels propos, nous attendons d’Escota, conformément à la position du Conseil d’Etat qui a autorisé qu’elle participe au financement du surcoût du second tube de Toulon, qu’elle s’engage pour contribuer aux investissements engagés par nos collectivités comme le projet de liaison de la Voie P.Mathis à l’A8 ou la création d’un échangeur au vallon des sablières. 

Devant l’arrogance d’Escota à nos demandes réitérées pour une meilleure collaboration, nous allons immédiatement saisir le nouveau Ministre des Transports, pour continuer à défendre l'intérêt des Niçois. L'attitude d'Escota légitime pleinement la demande de création d'une commission d'enquête parlementaire sur le fonctionnement des concessions autoroutières que nous avions faite. »

Les petites phrases qui ont tourné les sangs des deux élus :

  • Il n’y aura pas de gratuité du contournement de Nice. Personne ne pourra l’accorder aux Niçois. En tout cas pas avant la fin de la concession (en 2027).
  • Il n’y a qu’à voir cette aberration qu’est la voie Mathis... Elle ne va de nulle part à nulle part.
  • Le maire de Nice, lorsqu’il a été élu en 2008, a annoncé tout un tas de projets dont celui-ci (le raccordement de la voie Mathis à l’autoroute)... Si le projet n’a pas abouti ce n’est pas de la faute à Escota.
  • Sur le dossier de l’échangeur de Biot, le PDG est tranchant : que les politiques se mettent d’abord d’accord entre eux ! dénonçant sans garde-fou les atermoiements des uns et des autres (les responsable de la CASA, le maire de Biot...).
  • Les protecteurs de l’environnement y trouvent aussi leur compte. Dans le département du Var, ils freinent les projets d’Escota qui possède d’importants terrains susceptibles de pouvoir accueillir les poids-lourds lors d’interdiction de circuler : il y a toujours une variété de lézard ou une espèce de tortue pour bloquer le projet. Je l’ai d’ailleurs dit au préfet – ajoute Philippe-Emmanuel Daussy – il y a un moment où il devra arbitrer entre la sécurité des personnes et celle des tortues... Argument simplistes mais efficace !
  • Last but not least, l’affirmation que si les autoroutes étaient gratuites, il y aurait davantage d’embouteillages. C’est un peu du genre : s’il y avait moins de forêts, il y aurait moins d’incendies. Phrase entendue dans la bouche de nos bergers pré-alpins, souvent accusés de provoquer plus ou moins involontairement des incendies suite à des écobuages.