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Alpes-Maritimes : la démolition

qui cache la forêt d’infractions aux règles d’urbanisme.

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Au terme d'une procédure engagée le 14 octobre... 1994, les installations de loisirs sises Domaine des Gagères, commune de Saint Blaise, ont commencé à être rasées. Dans un délai de deux ans, tout devrait être terminé, le lieu remis en état et les frais engagés par l’État remboursés par le contrevenant (sous réserve qu’il soit... solvable).

- sentier du littoral, Villefranche-sur-mer, une des destinations et de résidence pour les plus en vogues parmi les fortunes du monde -

Pour le préfet Jean-Michel Drevet et ses services, « cette démolition réaffirme la détermination de l’État à poursuivre sans complaisance et avec fermeté la politique de lutte contre les constructions illégales dans le département ».


Une déclaration qui laisse un brin sceptique les observateurs à même de juger de la réalité de la situation dans une région où la pression immobilière est très forte et où certains élus feraient preuve de complaisance voire de légèreté en matière d’urbanisme. En effet, dans la zone côtière combien de démolitions ordonnées par l’État peuvent être comptabilisées, suite à d’interminables procédures ? On se rappelle du MacDo, du Neptune et de la Cougouline, situés à Cagnes-sur-mer, de la Villa Inglès au Cap de Nice, démolie... dix sept ans après le premier constat d’infractions, de la Villa Pellerin à Antibes... douze ans de procédures, de la Villa du roi Fahd à Golfe Juan, finalement... régularisée. Lire ici nos articles. Dans le département voisin du Var, c’est la très médiatisée Voile Rouge à Saint-Tropez et, au Cap Ferret la villa à rallonges du réalisateur Luc Besson qui ont été utilisées pour jeter de la poudre aux yeux du vulgum pecus...

Pour le président de l’association cannoise, « Á la pointe », ce genre d’annonce distillée aux médias, aurait surtout pour but de se donner bonne conscience et de laisser penser que l’État est performant et volontariste en ce domaine. Une façon de s’exonérer à bon compte de la multitude d’infractions constatables dans une zone où la Loi littoral s’applique et est régulièrement bafouée. Jean Le Magueresse rappelle ainsi le cas de la construction Coral qui a et continue à défrayer la chronique. Lire ici les détails. Selon lui, aux dernières nouvelles, l'immeuble serait mis en location-vente. L’argument étant : vous achetez en l'état, vous payez un loyer et, dans 10 ans, vous achetez  si vous voulez. Un leasing immobilier garanti tout risque ! Vous avez dit tout risque ?

Il est vrai qu’à quelques kilomètres de là, toujours sur le territoire de la ville de Cannes, les centaines de propriétaires abusés des immeubles en bord de mer de Cannes-Midi (près de Thales) mirent des décennies avant de voir valider leurs titres d’achat... Bel exemple de fraudeurs (pas les acheteurs mais les constructeurs-promoteurs bien-sûr et leurs complices) qui jouent la montre, profitant de vides juridiques, de lenteurs et de la mauvaise volonté des administrations concernées ainsi que de certaines présumées connivences... CQDP, ce qu’on est en droit de penser !