Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

Cannes : Jocelyne Mas médaillée dans l’Ordre national du Mérite.

Crédits:
images par

Chez elle « en Algérie, la Méditerranée était au nord » (en référence à un de ses romans). Distinguée par Nicolas Sarkozy, tous les pieds noirs le sont avec elle. Car son œuvre est un hommage à tous ceux qui ont construit ce magnifique pays à force de travail acharné, de courage et de ténacité.

- Jocelyne Mas au centre, à sa gauche Bernard Brochand…

Le député-maire Bernard Brochand rejoint un peu plus tard par son premier adjoint David Lisnard, avait accueilli dans son bureau Jocelyne Mas, entourée de son mari, Alain, de ses enfants Véronique et Christophe et de ses 5 petits-enfants ainsi que de ses amis. Il dressa comme c’est la coutume, le parcours du nouveau récipiendaire, dans lequel se trouvent les raisons mêmes qui l’ont conduit à recevoir cette médaille. Puis ce fut au tour de Jocelyne Mas de mettre en exergue les faits les plus frappants et les plus essentiels de sa vie. À commencer par un hommage à sa parenté, à son arrière grand-père Jean Adam Kullmayeur parti d'Alsace en 1870, parce qu'il ne voulait pas devenir allemand. Il créera en Algérie le village de Lavarande, luttant contre les pillards, la malaria, la typhoïde pour faire sortir de ce marécage, une terre rouge et fertile. Son grand-père Charles-Antoine Bertrand gazé à Verdun… Son père André Fougère, à 20 ans, s'embarquera pour Londres à l'appel du Général de Gaulle, quittant sa Normandie natale, pour participer plus tard aux campagnes de Lybie, de Syrie, d'El-Alamein et Bir-Hakeim.

Jocelyne n’oubliera pas d’évoquer les femmes : Louise Mosser, Catherine Lanzac, Madeleine Pujo, sa grand-mère Virginie Solarino, sa mère Yolande Bertrand épouse Fougère qui ont montré à maintes occasions leur courage, leur amour pour cette terre, et pour ses habitants en créant écoles et dispensaires. Toutes ces personnes ont inspiré son œuvre littéraire et poétique et témoignent de cette Algérie que Jocelyne Mas quittera en 1962, le cœur défait, sa famille sans le sou. Elle n’oubliera jamais, comme beaucoup de ses compatriotes, ses souvenirs d'une enfance heureuse, de cette vie rude qui a façonné les pieds-noirs d’en bas, des gens ordinaires, capables aussi de goûter les choses simples de la vie.

Arrivée à Cannes, sa famille galère mais Jocelyne apprécie cette nouvelle liberté. Elle écrit ainsi : « égoïstement je me sentais libre, libre de rester tard le soir sur la plage, libre d'aller au cinéma sans redouter une bombe placée sous les sièges, libre, sans couvre-feu, sans bruit d'explosion, sans cette peur qui nous prenait au ventre et qui ne nous lâchait plus. » Elle n’est pas seule. Ils sont des milliers dans ce cas qui se sont installés sur la Côte d’Azur et ont partagé les bancs des écoles de la République avec… les Français de France. Ainsi Jocelyne était au lycée Bristol et son frère au lycée Carnot.

L’avenir devient le présent, les années passent qui construisent un passé. Jocelyne revient à « Cannes la Blanche », comme s’est plu à qualifier la ville Bernard Brochand dans sa présentation. « Cannes, cette ville ressemble tant à Alger, le Boulevard du front de mer se superpose sur la célèbre Croisette dans mes souvenirs qui pâlissent de jour en jour… », reprendra la nouvelle chevalier dans l’Ordre national du Mérite. Elle s’y sent bien. Regardant les palmes des palmiers se découper sur l'azur du ciel, son esprit vagabonde tandis qu’une brise de vent chaud la ramène de l’autre côté de la Méditerranée… en naitront une pluie d’étoiles filantes, petits cailloux sur les chemins du souvenir, poèmes et textes pour enchanter ses lecteurs.

- Jocelyne Mas recevant l'insigne de chevalier des mains de Bernard Brochand - photos Daniel Beguin -

Alain Dartigues