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Alimentation : le blé dur méditerranéen s’accroche au terrain...

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En France, la culture de cette céréale est en difficulté. Les représentants de la filière luttent pour la maintenir dans ses zones de production traditionnelles.

Les néophytes pourront être surpris d’apprendre qu’il y a blé et blé. Nous ne parlons pas ici, du moins directement, du flouze, de l’oseille ou du pèze. Il y a le blé tendre, qui moulu, donnera une farine utilisée en boulangerie et en pâtisserie. Il y a aussi le blé dur dont il est question ici. L'Europe est le premier producteur mondial de cette céréale qui entre dans la fabrication des pâtes alimentaires, semoules et boulgour, denrées qui constituent l’aliment de base des populations des régions méditerranéennes. En France, c’est dans les régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et les départements de l’Ardèche et de la Drôme qu’on le cultive.

Mais la filière est apparemment en souffrance. L’Association Blé Dur Méditerranée se dédie à la préservation de cette industrie agronomique. Elle regroupe de nombreuses coopératives ainsi que des représentants agricoles de la filière. Ses membres représentent 43 % de la collecte nationale de blé dur française, soit près d’1 million de tonnes.

Les acteurs de l’association se sont attachés, depuis fin 2008, à faire reconnaître la spécificité de la zone traditionnelle de production du blé dur français. Leurs études ont permis d’obtenir cette reconnaissance lors des discussions de la Politique agricole commune, la fameuse PAC. Les producteurs ont pu obtenir un soutien lié à la « production structurellement fragile » que représente la culture du blé dur dans cette zone traditionnelle. Ainsi le 24 mars dernier, l’Association Blé Dur Méditerranée, soutenue par ses voisins européens, s’est rendue à Bruxelles pour une remise officielle du Livre Blanc aux Députés Européens. Une façon concrète de les alerter sur l’état et les problèmes spécifiques de la filière.

Dans leur présentation un peu pédagogique (tout le monde n’a pas la science infuse), ils ont fait l’éloge de cette céréale particulièrement résistante à la sécheresse. De plus, l’implantation de cette culture d’hiver est une des meilleures alternatives pour maintenir un paysage ouvert et biodiversifié : pas de concurrence estivale sur l’eau, sol couvert pendant les risques érosifs, le blé dur est l’une des espèces les plus adaptées aux contraintes naturelles des régions méditerranéennes.

Sur la zone traditionnelle déjà citée, les exploitations céréalières sont principalement familiales et de petites tailles, leur activité diversifiée. Leurs récoltes sont le plus souvent utilisées dans un périmètre de proximité. À titre d’exemple, trois quarts du blé dur utilisé par la semoulerie de Marseille est produit dans un rayon de 250 km !

Les responsables et tous les acteurs de la filière espèrent avoir convaincus élus et fonctionnaires européens de la validité de leur démarche. Ils ont besoin que l’Europe les écoute et les aide ainsi à préserver une tradition, des territoires, des emplois à travers la culture d’un ingrédient de qualité. C’est pour une bonne cause !

  • les principaux responsables et acteurs de l'Association Blé dur Méditerranée s'étaient donnés rendez-vous le mois dernier à Arles pour faire le point -