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Guy Giacomoni : la natation française et azuréenne

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perdent un entraîneur de talent.

  • quatre mousquetaires dans la piscine de Montfleury à Cannes, en 1963, à partir de la gauche, Alain Dartigues, Pierre Canavèse, Guy Giocomoni, Jacques Malbrancq -


L’annonce du décès de Guy Giacomoni nous a ramené quelques années en arrière, à l’époque où la Côte d’Azur était bien pauvre en piscines ouvertes au public et encore moins couvertes. Au début des années 6o, quelques bassins d’été permettaient aux clubs de natation et de water-polo de préparer pendant 4 mois au plus des nageurs et des joueurs qui avaient du mal à rivaliser avec ceux s’entraînant toute l’année… C’était l’époque où les politiques disaient aux dirigeants de clubs soucieux de faire construire des bassins d’hiver : mais vous avez la mer ! C’était l’époque où pour briller, il fallait « monter » à Paris. C’est ce que firent le Grassois Pierre Canavèse, les Cannois Pierre Fauroux, André Marguier, les frères Andraca, Biancamaria et les Lassalle ainsi que quelques autres…

Resté à Nice, Guy n’obtint pas les résultats que son beau gabarit et ses qualités naturelles de nageur promettaient. Champion local, il s’essaya aussi au pentathlon moderne. Mais c’est en embrassant la carrière d’entraîneur qu’il put enfin donner le meilleur de lui-même. Niçois de naissance, Niçois de cœur, c’est là qu’il commença à faire parler de lui. Remarqué par la fédération française, il eut d’abord sa chance en travaillant avec l’Australien David Dickson alors entraîneur national à Antibes. C’est à l’Institut National des Sports à Vincennes qu’il gagna ses galons d’entraîneur national.

Il devait plus tard retrouver, sans regret, le soleil de la Côte. Nice à nouveau où il forma une ribambelle de compétiteurs. À Antibes ensuite, il rejoint le Pôle France où quelque uns des meilleurs nageurs s’entraînent à l’année. Sarah Bey, Christophe Lebon, Matthieu Madelaine seront parmi les derniers élèves dont il avait la charge.

Il ne fut pas pour rien dans la venue d’Alain Bernard sur la Côte. Il faut dire que son beau-fils, Denis Auguin, n’est autre que l’entraîneur d’Alain (le père de Denis, Niçois lui aussi, avait nagé avec Guy dans le même club…). Il sut les convaincre que la ville et le club d’Antibes pouvaient apporter des éléments capables de justifier ce dépaysement relatif. Le soleil « californien », étant la cerise sur le gâteau.

C’est déjà malade que Guy Giacomoni suivit les exploits d’Alain Bernard en Chine. Une victoire que le champion du monde et son entraîneur s’efforcèrent de lui faire partager. Denis déclarait, ému : « Guy est hospitalisé depuis trois semaines. Je veux lui dire que cette victoire est la sienne. Guy m'a construit et moi j'essaie juste de transmettre ses valeurs ».

Bel hommage en vérité. D’autres pourront s’ajouter, ils confirmeront la qualité de cet « intervenant »…