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La santé : on ne nous dit pas tout !

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Catégorie C'est notre santé

publiée en septembre 2001, sur notre magazine dans sa version papier -

  • Certains habitants des Vosges ont eu une bien mauvaise surprise lorsqu’ils se sont vus interdire l’utilisation de leur eau, rendue impropre à la consommation. D’autant plus frustrant que ce n’est pas une matière première qui a l’habitude de faire défaut dans cette région. Des contrôles avaient montré un taux alarmant de désherbants. Luxe d’une industrie agro-alimentaire qui se préoccupe avant tout de productivité et de rentabilité, même si celle–ci passe par les subventions européennes lorsqu’il y a surproduction, l’utilisation excessive de désherbant est dangereuse, les Vietnamiens en ont payés avant nous le prix fort. L’ « agent orange », ce terrible herbicide et défoliant utilisé par les Américains pendant la guerre, vous vous rappelez ?
  • Notre région, peu industrialisée, pourrait faire l’économie de désherber chimiquement les bas côtés des routes et chemins, une habitude qui perdure comme nous continuons à le constater. Cela ferait autant de moins qui viendrait s’accumuler dans les nappes phréatiques et dans la mer où tout finit par retourner comme le disait le commandant Cousteau. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
  • Certains écologistes placent l’homme au centre, au centre du monde. D’autres placent la terre au centre et l’homme à sa périphérie. Vaste débat qui a le mérite de nous faire réfléchir aux conséquences de ces deux options qui ne sont pas simplement des vus de l’esprit mais conduisent à des choix très différents.
  • Les premiers donnent priorité absolue à l’espèce humaine. La terre est à leur entière disposition, elle est à leur service, plantes et animaux aussi. De façon tout aussi caricaturale, la deuxième donne une existence propre à la terre, un peu à la matière dont en a parlé James Lovelock dans sa théorie de « Gaia ». Mais là où chacun devrait pouvoir se rejoindre, c’est dans le constat que, si les conditions nécessaires et suffisantes pour que l’homme y existe ne sont pas maintenues, ce débat n’aurait pas lieu d’être. Match nul, la balle au centre !
  • Nouvelle incongruité. Les pourcentages d’ozone se sont révélés, au plus fort de la chaleur estivale, plus élevés dans le haut pays niçois et grassois que sur le littoral. Alors que les causes de cette pollution se situent le long de nos rivages et sont dues principalement à notre gloutonnerie énergétivore, le vent marin la déplace vers les montagnes. Il conviendrait de ne pas perdre de vue l’idée que les pollutions produites ne disparaissent jamais complètement. Elles sont diluées, mélangées, avec le risque qu’elles réapparaissent là où on ne les attendait pas, plus concentrées que jamais. Les bulletins de santé de la terre ne peuvent pas prendre en compte tous les paramètres (il y en a trop). Cela fait bien l’affaire des grands conglomérats, des grands groupes agroalimentaires et autres multinationales qui ont intérêt à ce qu’on n’y regarde pas trop, qu’on ne cherche surtout pas à comptabiliser sur le long terme les conséquences de l’utilisation de leurs produits. Peut-être est-il temps d’ouvrir les yeux !
  • Pour ceux qui veulent se faire peur, le livre de Denis Marquet, publié en début d’année, chez Albin Michel, va leur faire venir la chair de poule. « Colère », une vision apocalyptique d’une terre qui combat contre l’homme pour assurer sa survie à elle. Comme pour donner du grain à moudre aux partisans de Lovelock (voir au-dessus) et à tous ceux qui croient en une approche globale du sujet !
  • Justement, le Centre Osher, à San Francisco, développe le concept de la médecine globale. Le médecin, pour mieux soigner, prend en compte les besoins psychologiques, sociaux et spirituels du patient. Traitements allopathiques traditionnels, médecines douces, yoga… s’y côtoient allègrement.
  • On peut considérer comme inadmissible le nombre de victimes d’infections post opératoires. Quoi de plus frustrant pour le chirurgien de talent qui, après une opération réussie, voit son patient décéder d’une infection sur cathéter par exemple. Et cela tout simplement parce qu’un membre de l’équipe ou du personnel soignant s’est mal lavé les mains. Un avocat niçois, Me Pascal Neveu, qui a vu mourir son père de cette façon, a fondé une association qui veut, en cherchant les responsabilités, obliger le corps médical à réagir.

– publié en septembre 2001 -