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Lendemains de fête :

retour sur le 57ème Festival de Cannes.

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Le palmarès de ce 57e Festival a su contenter les uns et les autres. La France a vu ses trois films distingués. Seul un président américain comme Tarantino aurait pu s'y risquer. L'Asie y est bien présente, sur les marches et le Marché du film, merci. Le prix remis aux frères Cœn rétablit quelque peu la balance en honorant un autre film américain attendu, remake raté de "Tueurs de dames". A oublier, vite !
Rares étaient ceux qui se sont plaints de l'absence de "2046" au palmarès, œuvre que tout le monde a jugé parfaitement inachevée. Quant au road movie Bcbg à la gloire du Che, "Carnets de voyage", il a quand même convaincu le jury du Prix œcuménique, de ses valeurs didactiques ainsi que ceux qui lui ont attribué le Prix François Chalais. Pendant ce temps le grand prix de l'Education nationale confirmait que "La vie est un miracle".

Jean-Philippe Andraca. Les sportifs et les nageurs cannois en particulier se souviennent de ses performances dans la piscine du Montfleury puis dans celle du Racing Club de France à Paris. Il était venu soutenir son copain Jean-Pierre Bacri et toute l'équipe du film "Comme une image" dont il est un des producteurs.

La Maison des pêcheurs fut, le temps d'une soirée, celle des pécheurs. Après la projection du film à Cannes, toute l'équipe de The Ladykillers s'était donnée rendez-vous à Juan-les-pins a pour une troisième mi-temps mémorable. Tom Hank, les pontes de Buena Vista firent couler le champagne à flot, ce qui n'eut pas l'air de déplaire à Roger Moore, invité. L'orchestre de Joselyne Brown fit merveille !

Whisky à gogo. Dans la sélection, Un Certain Regard, la Fédération internationale des critiques de films (FIPRESCI) a récompensé "Whisky" des Uruguayens Juan-Pablo Rebella et Pablo Stoll, un conte émouvant et drôle sur trois êtres qui vont juxtaposer leur solitude, l'espace d'un moment, dans le décor d'une fabrique de chaussettes sur le point de fermer. On ne fut pas surpris de voir ce soir là Paul Pacini monter les marches…

Mondovino. Le film de l'Américain Jonathan Nossiter, plus de 2 heures vin de dégustation virtuelle, fut d'abord annoncé hors compétition. C'est ainsi qu'il apparaissait dans le programme officiel distribué aux professionnels. La veille de l'ouverture festivalière, grâce à un lobby qui ne fut pas vin, il fut miraculeusement qualifié, sans doute avec l'espoir de voir le vin se changer en Palme. Certains malveillants parlèrent plutôt d'un pot de vin.

Pétanque. Stella Arbois fut une entreprise qui joua à fond la carte Festival. Sur le boulodrome des Allées, elle organisa maintes joutes qui firent la joie des spectateurs à la recherche de visages connus. Daniel Alessio, à l'origine de l'amicale des Marseillais de Cannes pourrait trouver là un sponsor idéal. Parce que Cannes-bière…

La Bastide de Jacques Chibois, à Grasse, fut sympathiquement envahie par une pléiade d'acteurs et de producteurs américains en mal de discrétion et d'étoiles jugées cette fois à l'aune de la gastronomie. Alain Chabat, pas si nul que ça, avoua qu'il n'avait jamais vu autant de grands noms du cinéma attablés. Il est vrai que toutes les voix de Shrek 2 étaient là, toutes prêtes à prouver qu'elles avaient aussi de l'estomac. Un vrai Dreamwork !

Marché et marchés. Si le film a le sien, Cannes en a plusieurs autres qui accueillirent cette année des événements de nature à montrer aux cannois que le Festival c'est aussi leur fête. Un orchestre brésilien se déchaîna et plusieurs apéritifs campagnards réunirent une population, un peu surprise d'être l'invitée vedette. La Bocca ne fut pas oublier par la municipalité cannoise.

Wong Kar-Wai manque la marche. A trop en faire, le réalisateur chinois qui avait obtenu le Prix de la mise en scène avec Happy together en 1997, a indisposé tout le monde. Un couloir aérien aurait même été libéré pour que la dernière mouture de son film puisse arriver à temps. Les festivaliers ont malheureusement pu constater que le film n'était pas vraiment terminé. Un coup de marketing qui est tombé à plat !

Lendemains de fête. La surconsommation de films est terminée, l'indigestion de vedettes et de top modèles anorexiques est en bonne voie de guérison. Il faut reprendre pied. Et de soupirer, soulagé, car la fête a frisé la catastrophe. Grâce à Dieu et en l'absence de Mel Gibson, tout s'est à peu prés bien passé. Les intermittents qui promettaient la tempête, relayés par des médias en mal de scoops provocateurs, en sont restés là, étonnamment satisfaits par une timide et larmoyante apparition sur les marches. Si mesurés dans leur expression alors que l'incident rue d'Antibes et devant le commissariat de police auraient pu déclencher une redoutable escalade de violence. Paisibles mais au prix de quelles promesses ? Car l'attitude ferme des autorités qui s'étaient préparées à en découdre n'a pas convaincu tout le monde. Des tractations ont bien eu lieu qui ont calmé le jeu. Cent mille intermittents, ça fait beaucoup d'électeurs, n'est-ce pas…