Made in France. Quoique...

- étiquettes en vente sur Amazone...
Le 25 juin dernier, Better Things et la FIMIF (Fédération Indépendante du Made in France) publient une enquête de terrain inédite sur le « francolavage » dans les rayons non-alimentaires. Fondée sur 70 cas documentés, elle met en lumière une mécanique de confusion bien installée : l’usage de drapeaux, mentions ambiguës ou mises en scène commerciales laissant croire à une fabrication française alors que le produit est en réalité fabriqué à l’étranger.
À l’heure où l’origine est devenue un critère de choix de plus en plus visible dans les rayons, cette enquête montre que le sujet dépasse largement le cadre de quelques emballages pouvant volontairement créer la confusion chez les consommateurs. Dans le non-alimentaire, où le marquage d’origine reste facultatif, les signes évoquant la France – drapeaux, mentions, logos, habillages de rayon - prennent parfois le dessus, dans l’esprit du consommateur, sur l’information réellement utile : celle de la fabrication du produit.
Premier enseignement : le francolavage n’a rien d’un phénomène marginal ou cantonné à quelques rayons anecdotiques. Il apparaît dans de nombreux univers du non-alimentaire, de la mode à l’entretien, en passant par l’informatique, la décoration, les jouets ou la puériculture. Dans un hypermarché témoin retenu pour cette mesure, les relevés font apparaître un ordre de grandeur d’environ une référence présentant une forme de francolavage tous les 5 mètres dans les rayons non-alimentaires.
Deuxième enseignement : le francolavage observé repose sur une mécanique simple et efficace : afficher la France, fabriquer ailleurs. Plus d’un produit sur deux est fabriqué en Chine, 75 % des cas utilisent un drapeau français ou une cocarde, et dans 44 % des cas, l’origine réelle reste difficile, voire impossible, à identifier clairement au moment de l’achat.
L’enquête identifie aussi plusieurs pratiques qui renforcent la confusion en rayon, du mélange entre produits réellement fabriqués en France et produits importés, jusqu’aux habillages de rayon qui diffusent un signal français trompeur.
Au-delà du constat, Better Things et la FIMIF appellent à agir à plusieurs niveaux : rendre obligatoire un marquage d’origine clair sur le non-alimentaire, renforcer la vigilance des distributeurs, inciter les marques à clarifier leurs pratiques et encourager les consommateurs à interpeler les marques lorsqu’un doute subsiste.
[NB. Le site Internet du Made in France recense près de 50 000 articles Made in France : vêtements, sous-vêtements, chaussures, bijoux, maroquinerie… Sur Amazone on peut trouver des étiquettes tissées en France pour fixer sur des produits fait en France… ou pas]