Arles. La visite de Theo Guicheron Lopez aux Thermes de Constantin…

Artiste en résidence aux Ateliers de La Madeleine à Arles de janvier à juin, Theo enchaîne en investissant le site antique des Termes de Constantin, du 6 au 26 juillet. Ce sont les Ateliers de la Madeleine qui lui offrent cette opportunité.




« Artiste et poète, toute l'œuvre de Theo Guicheron Lopez [né en 1991, à Paris] émane de sa relation sensible aux lieux, dans le sens donné par le géographe sino-américain Yi-Fu Tuan au mot topophilie : le sentiment d'attachement à un lieu, cette relation émotionnelle et affective qui lie les êtres humains aux lieux auxquels ils s’identifient, exaltant ainsi la dimension symbolique de l’habitat humain et le sentiment d'appartenance au monde.

L'exposition - Là où le sol peut fondre - s'inscrit en palimpseste dans les différentes pièces de ces bains romains datant de deux mille ans. Avec ses sculptures et installations en bois qu'il crée de façon artisanale à partir d'essences dont il connaît histoire et provenance, l'artiste ouvre les perspectives sur ce que signifie être-là.

Comment se situer quand des quantités de strates géologiques - terrestres, naturelles, minérales, artificielles - et autant de mémoires s'empilent sous nos pieds. Alors que nous sinuons dans l’ère anthropique des sols noir bitume, Theo Guicheron Lopez use des mots et du geste pour attirer notre attention sur la façon dont le pétrole a remplacé la terre, façonnant des environnements artificiels qui imprègnent notre quotidien. Déjouant la critique littérale, l’artiste dessine, sur les vestiges de pierre antique, un paysage sensoriel pour inspirer une nouvelle poétique du sol.

Clés de voûte ou chevilles de lutherie, punaises de localisation, instruments de musique ou de mesure, aimantées au sol ou tendues vers le ciel, massives ou effilées, souvent en équilibre précaire, ses œuvres tissent autant de rencontres : entre le bois, la pierre et le bitume, entre les temps géologiques et historiques, entre l’artiste-artisan d'aujourd'hui et les architectes d'hier, entre l’œuvre et le spectateur, ouvrant à chaque instant un espace de résonance.

Cette exposition propose un nouveau regard sur l'espace et le temps, une partition qui joue avec la gravité et l'environnement, un moment contemplatif qui nous invite à la suspension comme à un ancrage plus profond, une topographie extérieure pour dessiner de nouvelles géographies intérieures. »

Eugénie Lefebvre - Les Ateliers de La Madeleine


- Theo Guicheron Lopez dans son atelier, Les Ateliers de La Madeleine, 
mai 2026, Photo François Deladerrière -

Les Thermes de Constantin
Rue du Grand Prieuré 13200 Arles