Montauban. Ingres à la mode de chez nous...

Catégorie Les Arts au soleil
Le musée Ingres Bourdelle consacre une exposition inédite au rapport de Jean-Auguste-Dominique Ingres à la mode.




À travers une sélection exceptionnelle de plus de 200 pièces, peintures, dessins, textiles, accessoires et documents d’époque, le parcours met en lumière l’attention singulière du maître pour la représentation des étoffes, des drapés et des vêtements, révélant comment la mode façonne le regard et la composition artistique. L’exposition explore la manière dont Ingres sublime la matière textile, joue avec les transparences, s’inspire des tendances de son temps et dialogue avec l’histoire de l’art pour conférer à ses portraits une modernité intemporelle.

Initiateur d’un style singulier, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) a régné comme un des maîtres incontestés au sein de l’école française pendant plus d’un demi-siècle. Depuis quelques années, l’actualité des expositions portant sur le peintre démontre amplement l’intérêt que suscite son œuvre aujourd’hui. Peintre d’histoire, il a aussi été reconnu par ses contemporains pour son talent exceptionnel de portraitiste, combinant de manière rare des qualités d’analyse psychologique à une attention précise pour la parure et la toilette de ses modèles.

Ainsi Théophile Gautier a pu louer un artiste sachant « [...] mettre son grand goût au service du journal des modes » alors que Baudelaire plus réprobateur, dénonçait son usage de la couleur qu’il lui reproche d’utiliser « comme une marchande de modes ». Par cette place de choix accordée au costume contemporain, sans jamais verser dans le portrait mondain, Ingres atteint une sorte d’équilibre qui fait paradoxalement de lui un véritable « peintre de la vie moderne » - titre que Baudelaire lui a pourtant toujours refusé.

Si le sujet du portrait chez Ingres a été brillamment étudié il y a vingt-cinq ans lors de l’exposition organisée à Londres, New York et Washington, la question du rapport spécifique entretenu par le peintre avec la mode n’a par contre jamais encore fait l’objet d’une exposition à part entière. Or, depuis une dizaine d’années, les musées, notamment de beaux-arts, convoquent la mode aux côtés de productions artistiques pour initier un dialogue nouveau, où se mêlent des questions d’ordre esthétique, social ou économique. C’est dans ce mouvement que souhaite s’inscrire le musée Ingres Bourdelle avec ce projet.

Réunissant des œuvres d’Ingres à des pièces textiles très variées accompagnées d’accessoires de mode ou de bijoux côtoyant caricatures, gravures de mode, traités techniques, catalogues commerciaux ou affiches, l’exposition aborde la problématique à travers des angles thématiques répartis en 6 sections : Ingres et la matière textile / Transfigurer la mode contemporaine Le Corps, la mode, la peinture / La mode en couleurs / Consommer la mode / Ingres à la mode ?

En conclusion, est abordée l’influence de la peinture d’Ingres sur les créateurs de mode des XXe et XXIe siècles (Castelbajac, Saint Laurent, Issey Miyake...).



- Jean-Auguste-Dominique Ingres, Étude pour le portrait de la princesse Albert de Broglie, vers 1853
© GrandPalaisRmn / René-Gabriel Ojeda -