Émile Zola photographe… sa passion méconnue.

Catégorie Les Arts au soleil
L’exposition - du 2 mai au 30 septembre 2026 - sera présentée dans un lieu que Zola affectionnait : le pavillon de Croisset. Conçue par le Centre Zola de l’ITEM et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, cette exposition dans le jardin du Pavillon Flaubert, composée de tirages modernes réalisés d’après les négatifs originaux, fait le choix d’un ensemble resserré autour d’une vingtaine de photographies significatives.



- Emile Zola -

À côté du Zola nouvelliste et romancier, bâtisseur du cycle des Rougon-Macquart, du Zola journaliste et critique d’art, du Zola auteur de « J’accuse… ! », il existe un visage moins connu et exploré de l’écrivain, et pourtant tout aussi fascinant que les autres facettes : le Zola photographe.

Parce qu’il pratiquait un art révolutionnaire du 19e siècle, dont il suivait l’actualité technologique autant que la production, Zola, artiste-photographe, s’affirma d’abord comme un expérimentateur autodidacte, assoiffé de connaissances renouvelées, dont la maîtrise s’affina dans l’apprentissage réflexif sur l’étendue des années 1890 : visites des ateliers, essais d’un matériel de plus en plus sophistiqué, soumis aux aléas du développement des clichés. Aux prises avec les expériences techniques les plus inventives, Zola notait régulièrement ses observations studieuses dans un carnet de travail. 

Les voyages en Italie avec son épouse Alexandrine, l’exil londonien, les visites à Verneuil faites à Jeanne et aux enfants ont nourri les thèmes intimes, sociaux et artistiques qui ont commencé à construire les « albums » du grand chantier photographique dont il rêvait. On retrouve l’homme de la méthode et du programme, curieux et tenace. Rien n’était possible sans le labeur quotidien : à la devise de l’écrivain – nulla dies sine linea – pourrait répondre celle du photographe : pas un jour sans une image. C’est ce perfectionnement régulier qui noua la relation la moins naïve et la plus féconde entre le cerveau de l’homme et l’objet technologique : une pratique raisonnée qui donna libre cours au jeu des formes visuelles et créatrices d’un photographe qui avait le coup d’œil juste et avisé.

Cette exposition souhaite ainsi montrer, malgré sa taille modeste, que les archives photographiques de Zola font oeuvre, qu’on y décèle une singularité du regard sur l’arrière-plan des canons esthétiques d’époque, un « tempérament » d’artiste, aurait dit le romancier, et, plus encore, une signature esthétique personnelle, consciente des horizons ouverts par l’aventure photographique, comme preuve matérielle de ce qui est, comme charme énigmatique de ce qui semble paraître, au-delà de la croyance naïve de l’image comme copie fidèle de la réalité palpable.



- portrait de Jacques, fils de Zola, 1897 -

Pavillon Flaubert
18 Quai Gustave Flaubert
76380 Canteleu