Cannes-Festival. Park Chan-wook comme président…

- Park Chan-wook © Photo by LEE Seung-hee -
« L’inventivité de Park Chan-wook, sa maîtrise visuelle et son penchant à capturer les multiples pulsions de femmes et d’hommes aux destins étranges ont offert au cinéma contemporain des moments d’anthologie, déclarent Iris Knobloch, Présidente du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, Délégué général. Nous nous réjouissons de célébrer son immense talent et plus largement ce cinéma total d’un pays ancré dans les questionnements de notre époque. »
Pour le réalisateur, tout a commencé à Cannes avec Old Boy qui remporte le Grand Prix en 2004. On le rapproche souvent d’artistes comme Tarantino, De Palma ou Fincher pour l'art de composer des images dont la beauté formelle n'égale que la rigueur morale ; lui cite également Kurosawa, Bergman, Visconti, ou Hitchcock en exemple.
Car s’il se passionne très jeune pour le cinéma et fera une brève carrière de critique, Park Chan-wook s’est rêvé réalisateur en découvrant Sueurs froides d'Alfred Hitchcock. Le maître anglais imprègne son œuvre, jusqu’à la composition de certains plans ou décors, par un sens de l’esthétisme teinté de surréalisme.
L’obsession est ce qui hante tous ses films, jusqu’au dernier, Aucun autre choix, 2025. La vengeance constitue également le fil rouge sang de sa filmographie profondément picturale. Elle fait l’objet d’une trilogie qui l’impose sur la scène internationale. Dans ce cinéma de l’excès, les jeux de pistes et de massacre alternent entre malaise et comédie, déchirements et grotesque dans un art du contraste insensé mais parfaitement maîtrisé. Son œuvre épouse en tous points l’ADN du cinéma coréen d’aujourd’hui : affranchi des codes, tourné vers le public, ambitieux et volontiers sulfureux, sophistiqué sans être intellectualisé.
La présidence de Park Chan-wook est le symbole de l’attachement précoce et profond du Festival de Cannes au cinéma coréen, dont la créativité a été révélée par la Sélection officielle. La Corée est un grand territoire de cinéma dont les trésors se restaurent année après année ; le pays a prouvé qu’il savait produire des œuvres contemporaines majeures aux millions d’entrées en salles dans un espace qui célèbre ses auteurs.
À quelques mois de la 79e édition, le futur Président Park Chan-wook déclarait : « La raison pour laquelle nous sommes assis dans le noir dans la salle de cinéma, c'est pour mieux voir la lumière de l’œuvre que nous regardons. La raison pour laquelle on se cloître dans la salle, c'est pour que l'âme soit libérée à travers la fenêtre qu'est le film. Je suis impatient de vivre cette double captivité volontaire avec les membres du Jury : être enfermé pour regarder un film, être enfermé pour discuter du film. En cette époque de haine et de division, je crois que le simple fait de se rassembler dans une salle de cinéma pour regarder un film en même temps, en synchronisant nos respirations et nos battements de cœur, nous permet de créer de la solidarité, émouvante et universelle. » CQFDire !