Saint Jean Cap Ferrat. L'esprit de Cocteau sur les murs de la villa Santo Sospir…

- Reprise d’un article publié la première fois le 7 juin 2006 -




C'est avec beaucoup d'émotion que Carole Weisweiller a reçue quelques privilégiés dans la villa familiale de Saint Jean Cap Ferrat qui fut construite entre 1931 et 1935 dans le style régionaliste méditerranéen. Pour leur faire visiter un véritable sanctuaire où vit l'esprit bien vivant de l'artiste hors norme qu'était Jean Cocteau. Quant au corps, idéalisé, il est présent lui aussi sur les murs… où la mythologie grecque et la Méditerranée lui offraient un support idéal.

En 1950, la mère de Carole, Francine, le rencontre à l'occasion du tournage du Testament d'Orphée qu'elle cofinance. Elle l'invite à passer quelques jours de détente au Cap. Les deux s'entendent à merveille et Jean commence à « tatouer » les murs de la villa. Il y séjournera à de nombreuses reprises sur une période de 13 années, jusqu'à sa mort. Chaque fois il laissera son empreinte un peu profondément. Il transforme peu à peu la villa en atelier, dessinant sur les murs, les plafonds, sur les armoires et laissant ici et là des objets personnels, traces prégnantes de son passage. 

Face à la baie de Villefranche, le cadre est idyllique. La villa, elle, paraît modeste entourée par les demeures cossues des millionnaires venus du monde entier. Cette simplicité est de bon aloi, et Carole a tenu à la garder intacte. C'est là qu'elle passait ses vacances, c'est là qu'elle le voyait écrire, peindre, dessiné, perché parfois sur une échelle ou un échafaudage, heureux de cette activité qui le distrayait de sa solitude vagabonde.



- Jean Marais, Francine Weiweiller et son mari Alec, Jean Cocteau -


Carole Weiweiller a résisté pour l’instant aux sirènes des marchands de biens. Tout est intact alors qu'elle-même séjourne fréquemment dans la villa. Un patrimoine qu'elle préserve avec passion et qu'elle veut léguer aux générations futures. C'est pour cette raison qu'elle s'est rapprochée du Conseil régional du tourisme, présidé par Dominique Charpentier et de l'Association des vieilles maisons françaises représenté par un passionné, Patrice Mattant. Pas question néanmoins de livrer sans précaution au public l'intimité d'un artiste fragile autant que les fresques le sont. Une solution doit être trouvée pour protéger et sécuriser ce témoignage qui dégage tant de caractère et tant de force.

A la question : s'il y avait le feu chez vous, qu'est-ce que vous emporteriez ? Cocteau répondait : le feu.
A la villa du Cap, c'est le feu intérieur qui brûle, entretenu jalousement par une Pythie moderne qu'il convient d'encourager. (2006)



- le séjour -



- escalier -



- la chambre de Jean Cocteau -


[la villa, depuis 2016 propriété d’un oligarque russe, Ilia Malia, est en cours de restauration. Le bâtiment, classé monument historique depuis 1995, est protégé par de nombreuses contraintes. De plus, l’Association des Amis de la villa Santo Sospir continue à veiller sur ce bijou.]