Grasse. La tête dans les étoiles…

Connu mondialement pour son industrie du parfum, le Pays de Grasse s’impose également comme un territoire de recherche, d’innovation et de développement dans le domaine spatial. Aux côtés de Cannes et de Sophia Antipolis, il participe à renforcer la compétitivité de la Côte d’Azur dans une filière en pleine expansion, au cœur des enjeux climatiques actuels.




L’été 2025 est sur le point de s’achever et s’affiche comme le 3e été le plus chaud enregistré en France. Le 13 août, la fusée Ariane 6 a mis en orbite un satellite d’observation européen, le premier d’une nouvelle série de satellites qui, à terme, offriront des prévisions météorologiques beaucoup plus précises, indispensables dans le contexte de l’évolution du climat.

Pour le Pays Grassois, les risques consécutifs à l’évolution du climat sont multiples entre catastrophes naturelles, glissements de terrain, sécheresse, pénurie alimentaire, dégradation de la filière agricole et oléicole… Se doter d’outils d’observation, et d’anticipation est donc une nécessité .

Dès 1974, le site du CERGA (Centre d’Études et de Recherches Géodynamiques et Astronomiques) accueillait à Grasse un centre de recherche international, dédié à l’astronomie et aux sciences de l’univers. Aujourd’hui, aux côtés de la Communauté d’Agglomération Cannes Pays de Lérins et de la technopole de Sophia Antipolis, le Pays de Grasse concentre plusieurs entreprises spécialisées dans l’exploitation et la valorisation des données spatiales ainsi que le site d’observation de Calern, sur les hauteurs de Grasse, antenne de l’Observatoire de la Côte d’Azur. Un positionnement qui contribue à renforcer la compétitivité de la Côte d’Azur dans un marché mondial de la filière spatiale en pleine expansion et ayant dépassé 400 Milliards de revenus en 2022.

La Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse et la Ville ont fait le choix de soutenir l’accueil et le développement de cette filière innovante. La mobilisation foncière et l’accompagnement apporté ont permis à la PME de croissance ACRI-ST de concrétiser son projet d’extension dans le New Space à Grasse. Pour Odile Fanton d’Andon, sa présidente : « Notre métier est de transformer la donnée spatiale en informations fiables. Nous concevons des chaînes de traitement, des plateformes et des centres de mission qui rendent ces données immédiatement exploitables par les scientifiques, les industriels et les décideurs publics. Notre priorité : l’excellence scientifique, l’industrialisation des processus et l’interopérabilité avec les grands programmes européens. »

Outre cette entreprise, une dizaine d’autres du Pays de Grasse, participent à la dynamique autour du spatial :

  • Effiblue, spécialisée en R&D collaborative, a développé des alternatives durables aux métaux rares avec le Ginestium©, nanomatériau issu d’une synthèse entre graphite, graphène et diamant, offrant des performances inédites en conductivité électrique, réflectance, et résistance à la corrosion (particulièrement adapté au spatial) ;
  • EMM et Cytech, basées à Pégomas, sont spécialisées en mécanique de précision, impression 3D et chaudronnerie inox, ce sont des fournisseurs de Thales Alenia Space, Ariane Group et du CNES ;
  • Avantis Group intervient sur l’ensemble du cycle de vie des équipements spatiaux, en collaboration avec le CNES, l’ESA et Airbus DS ;
  • Savimex fabrique des composants optiques polymères de haute précision, qui sont utilisés dans des systèmes embarqués ;
  • Qairbon s’est spécialisée dans la conception et l’exploitation de systèmes de mesure de gaz atmosphériques à partir de technologies de télédétection et satellites pour le suivi environnemental ;
  • LuxCarta, basée à Mouans-Sartoux, s'est spécialisée dans la création de données géographiques issues de l’observation de la Terre par satellite, aéronef et drone ;
  • Lab’Stories, une entreprise d’ingénierie experte en innovation, tests de matériaux, qualification de produits, et résolution de problèmes.

La complémentarité de ces entreprises et des ces institutions illustre la stratégie du pôle métropolitain Cap Azur, qui fédère Cannes Lérins, Sophia Antipolis et le Pays de Grasse pour positionner l’Ouest azuréen comme un leader européen du spatial. Les enjeux sont d’envergure, le marché du spatial pourrait atteindre près de 1 000 Milliards de dollars à l’horizon 2040, et les missions spatiales classiques d’observation de la Terre s’affinent, avec des instruments permettant des observations de plus en plus précises et donc utiles aux politiques d’aménagement dans un contexte de changement climatique de plus en plus contraignant. CQFD !