L’écologie de la droite des années 90....
Une « Convention Environnement » se déroula les 15 et 16 septembre 1990, à Saint Maximin la Sainte-Beaume dans le Var. La fine fleur de la droite s’y était donné rendez-vous. Ambiance !
- Le Reyran en crue, Var -
C'est dans le cadre des États Généraux de l'opposition qu'eut lieu le 15 et 16 septembre la Convention Environnement. Les grands pontes du RPR étaient tous là : Giscard, Léotard, Chirac, Juppé et bien d'autres. Ils n'étaient certainement pas venu pour ne parler que de protection de la nature, mais ils étaient là, et chacun utilisa son charisme pour s'exprimer sur ce sujet d'actualité de plus en plus cher aux électeurs.
Sur la forme,
c'est Giscard d’Estaing qui me fit la plus forte
impression, émaillant son discours de larges citations de
Ronsard en regardant son public droit dans les yeux. Léotard
toujours très sérieux (trop dans doute), Chirac hésitant devant
un public pourtant acquis, Méhaignerie, avec humour
parfois, prenant à témoin la classe politique, me donna
l’impression, d'une grande sincérité, une sincérité pas faite
pour plaire à tous.
Sur le fond ?
C’est là que le bât blesse. Car Giscard est toujours très
fier de son programme nucléaire qui ne pollue pas évidemment,
le désenclavement de île de Ré était justifié (c'est
Cousteau qui avait tort), les chasseurs sont bien des grands
défenseurs de la nature et sans eux...
Dans les
ateliers de travail qui réunirent des spécialistes (pas assez),
des élus et un public de libéraux, on n'avança guère de
solutions très élaborées et il fut facile de constater les
difficultés d’en trouver. Difficile en effet de trouver un
équilibre entre la liberté (liberté chérie), et les mesures
à prendre pour sauver ce qui reste à sauver.
Incontestablement, la Palme d'or revint aux animateurs. Alain Madelin, mais surtout un Nicolas Sarkozy impressionnant d’aisance qui, dès l'ouverture, prit en mains avec l’autorité nécessaire le déroulement de cette convention. L'absence des hommes politiques des Alpes-Maritimes, pourtant géographiquement proche ne fut qu’une surprise tant, pour certains, la priorité était ailleurs. Seul, Michel Mouillot, le maire de Cannes, fit le déplacement.
Les
conclusions de ces débats sont trop longues à résumer et le
principal effort fut pour les participants à cette convention se
démarquer de la gauche. Sans grand succès et sans grande
conviction. Ainsi dans la salle, ma voisine, très élégante
femme de notable, murmurait découragée : « Ils ne
veulent pas comprendre, nous allons laisser à nos enfants une
poubelle ». Plus tard, j'entendis dans l’assistance des
commentaires désabusés sur le recyclage, les collectes sélectives
et l’incivisme des Français.
Décidément,
il ne suffit pas de citer Jean-Marie Pelt, Michel Serres ou même
Ronsard pour nous convaincre que les hommes politiques
d’aujourd’hui s’intéressent davantage à l’avenir des Hommes
de demain qu’à leur perspective de réélection… dézolé
Saint Maximin la Sainte-Beaume, septembre 1990
- Cannes, ça n'arrive pas qu'aux autres...