Le milieu marin… éternellement pollué.

- de la Tere à la Mer... le chemin de la pollution -
Les PFAS, substances per et polyfluoroalkylées, désignent une famille de plusieurs milliers de composés chimiques synthétiques, particulièrement persistants Si un nombre croissant de rapports existe sur leur présence dans l’environnement, aucune étude d’envergure n’avait été réalisée dans les eaux de baignade et récréative jusqu’à ce jour. Il s’agit pourtant non seulement d’un réel problème environnemental, mais aussi d’une sérieuse menace pour la santé publique.
La contamination observée est très diversifiée. Parmi les 58 molécules différentes et produits de dégradation qui ont fait l’objet d’une recherche approfondie, 23 PFAS ont pu être quantifiés tous sites confondus, traduisant une pollution complexe et hétérogène. Le TFA, récemment classé comme « toxique pour la reproduction » par l’Agence européenne pour les produits chimiques, est quant à lui identifié dans 100% de nos échantillons à des concentrations que l’on ne suspectait pas.
Pour évaluer la qualité des eaux de baignade, Surfrider s’est appuyé sur un outil d’aide à la gestion développé par l’Institut National néerlandais de la Santé Publique et de l’Environnement à l'intention des gestionnaires de zones de baignade. S’appuyant sur ce référentiel, l'étude menée a permis de rendre compte pour la première fois de la présence de ces polluants dans les eaux de baignade et de leurs risques associés. Les analyses ont mis en évidence qu’aucun site testé, qu’il soit littoral ou continental n’est épargné. Un site dépasserait même les recommandations des autorités néerlandaises si les sites de baignade français étaient régis par un cadre similaire. Ces constats sont alarmants et mettent en évidence les limites du cadre réglementaire actuel.
Surfrider appelle la Commission Européenne à :
- Se saisir des conclusions de l’ECHA d’ici à la fin de l’année afin d’adopter au plus vite une restriction universelle des PFAS, couvrant tous les usages et tous les secteurs, y compris les secteurs industriels.
- Renforcer les réseaux de surveillance de la qualité de nos masses d’eau, plus particulièrement dans le milieu marin qui doivent être accompagnés d’actions concrètes d’identification des sources de pollution, de remédiation des sites contaminés et de mise en œuvre effective du principe du pollueur-payeur.
- Établir des protocoles de surveillance des PFAS dans les eaux de baignade et récréatives harmonisés dans les États Membres, accompagnés d’études complémentaires visant à pallier le manque de données concernant la pollution de ces zones et permettant in fine d’établir des normes de suivi européennes officielles de la qualité chimique des eaux de baignade. Lorsqu'une pollution est établie, des plans pour la décontamination de l'eau, tout en appliquant le principe du pollueur payeur, doivent être mis en place.
