Montauban installe Françoise Pétrovitch…
dans son musée.

L’installation présente 3 écrans descendants de la voûte de la salle du Prince Noir comme des fenêtres étroites qui laissent entrevoir des paysages et des portraits d’adolescents. Ces visions colorées sont comme des souvenirs tronqués de nos vies avant l’âge adulte. La nostalgie qui nous saisit est renforcée par une musique lente qui progresse sur un fond de mécanisme aux rouages « fatigués ». Ce sentiment annonciateur d’un drame à venir est renforcé par de froides injonctions : « La dernière interface n’est plus disponible », « Vous n’êtes plus actif sur le réseau », « Vous êtes désactivé ». Ces messages, issus du vocabulaire des machines, ordinateurs et smartphones, nous suggèrent d’abandonner toutes résistances. « Ne laissez pas votre adresse », « Oubliez vos mots de passe », « Vous n’avez plus d’identifiant » On comprend alors et l’on mesure ce que l’on va perdre. Ils nous ramènent à la fragilité précaire de nos activités et de notre existence.
La fragmentation des images et la lumière travaillée en semi obscurité, accompagnées d’un son nostalgique annonciateur d’un drame à venir, travail du vidéaste Hervé Plumet, immergent le public dans une autre dimension. L’ambiance lumineuse ainsi créée participe à révéler la palette chromatique de l’artiste, faite de nuances délicates ou, au contraire, de tons vifs et stridents. Les visiteurs sont appelés à découvrir un univers étrange dans lequel de grandes créatures hybrides et anthropomorphes apparaissent ou disparaissent pour retourner à leur monde flottant, né de l’imaginaire de l’artiste. Telles des citations, les dessins directement inspirés de l’œuvre d’Ingres, s’insèrent dans cette installation et viennent nourrir le jeu narratif induit par la succession des images. Face à elles, le visiteur est invité à tisser des liens, à inventer des fictions uniques et mentales résultant de la puissance et de la rémanence des pièces présentes.
Au second étage, dans le cabinet des dessins d’Ingres, plusieurs belles feuilles de l’artiste sont présentées. Elles s’insèrent dans quelques-uns des tiroirs de dessins habituellement consacrés à Ingres, donnant ainsi à voir le lien profond qui unit la plasticienne, la pratique du dessin et le maître de Montauban.
- Née en 1964 à Chambéry, Françoise Pétrovitch est une plasticienne française reconnue sur la scène artistique internationale. Elle vit et travaille à Cachan (94) tout en enseignant à l’école supérieure Estienne à Paris. Elle a été élue à l’Académie des Beaux-arts en octobre 2025.

- in situ, Françoise Pétrovitch -