France Italie. Un sommet économique réussi...

La France et l’Italie ont ainsi signé une déclaration d’intention commune sur le développement de l’axe ferroviaire Marseille-Nice-Gênes, récemment intégré aux projets transfrontaliers prioritaires pour les financements du futur Mécanisme pour l'Interconnexion en Europe 2028-2034. Cette déclaration réaffirme que cet axe constitue un maillon essentiel du réseau trans-européen de transport et traduit la volonté commune des deux États de le développer et de le moderniser. Elle permet notamment d’ouvrir de nouvelles perspectives de financements européens de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA).
La LNPCA, projet majeur de modernisation et de développement des infrastructures ferroviaires dans la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur va permettre d’augmenter de 66 % la fréquence des trains du quotidien dans les grandes agglomérations (Aix-Marseille, Toulon, Nice).
Les deux pays ont également confirmé leur engagement en faveur de la réalisation complète du tunnel de Tende en deux tubes séparés, essentiel au développement de la vallée de la Roya. Après la mise en service du nouveau tube en juin 2025 rendue possible par l’accélération des travaux depuis le mois de janvier 2025, le lancement à l’été 2026 de l’appel d’offres pour les travaux de rénovation du tunnel historique marquera une nouvelle étape. Cette décision permettra à terme l’exploitation de deux tubes et la fin de la circulation alternée dans le tunnel, garantissant un niveau élevé de sécurité et une meilleure fluidité des échanges entre la France et l’Italie. Avant la fermeture du tube historique à la suite de la tempête Alex d’octobre 2020, 4000 véhicules en moyenne empruntaient chaque jour le tunnel.
Après l’entrée en vigueur au 1er juillet de la nouvelle Convention relative à l’entretien courant et l’exploitation de la ligne Coni-Breil-Vintimille, ratifiée par la France en avril dernier, les deux pays ont évoqué le programme de travaux sur la partie française de la ligne qui vise à rétablir une vitesse d’exploitation à 80 km/h à horizon 2030 et une amélioration significative de l’offre et de la qualité de service.
Le sommet a par ailleurs permis d’annoncer la relance de l’Autoroute ferroviaire alpine entre Aiton et Orbassano. Entre 2003 et l’arrêt du service en août 2023 à la suite de l’éboulement dans la vallée de la Maurienne, cette infrastructure a permis le transfert de 25 000 à 30 000 poids lourds chaque année de la route vers le rail. À la suite de l’autorisation accordée le 16 mars par la Commission européenne pour le régime d’aides présenté conjointement par la France et l’Italie, les deux pays lanceront prochainement l’appel à projets destiné à identifier un nouvel opérateur subventionné par les deux pays. Cette relance constitue une avancée importante pour le report modal du transport de marchandises et contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que les nuisances liées au trafic routier dans les vallées alpines.
Enfin, la France et l’Italie ont réaffirmé leur soutien au projet ferroviaire Lyon-Turin, infrastructure majeure pour la décarbonation des échanges transalpins de marchandises et le renforcement des liaisons ferroviaires européennes. Sur les plus de 160 kilomètres de galeries nécessaires à la section transfrontalière, près de 50 kilomètres ont d'ores et déjà été excavés, dont plus de 20 kilomètres du tunnel de base, avec une mise en service prévue fin 2033.