Saint-Tropez. Champagne dans le port …

Un rideau à bulles vient d’être installé dans le port, au niveau de la Station du Phare Vert, afin de lutter contre la pollution par les hydrocarbures. Dénommée InvisiBubble, cette innovation agit comme un mur d’endiguement en empêchant les particules d’hydrocarbures de se propager en dehors du périmètre sécurisé par le rideau. Déployée par The Searial Cleaners, cette installation est une première en France.




Engagé en faveur de la préservation de l’environnement, le Port de Saint-Tropez a obtenu les certifications « Ports Propres » et « Ports Propres Actifs en Biodiversité », attribuées aux ports de plaisance qui adoptent des pratiques exemplaires pour protéger la biodiversité et réduire leur impact environnemental. L’installation s’inscrit dans cette dynamique. À travers ce dispositif, mis en place et porté financièrement par la station d’avitaillement du Phare Vert qui propose notamment du carburant pour bateaux et yachts, le port poursuit son engagement pour limiter la pollution, préserver la biodiversité marine et gérer ses ressources.

La solution consiste en un rideau à bulles, adapté à tous les milieux aquatiques, qui peut avoir différentes fonctions : bloquer/rediriger des déchets, limiter la sédimentation, ou encore confiner les hydrocarbures tout en préservant la faune environnante. C’est sur ce dernier point qu’intervient le dispositif installé au Port de Saint-Tropez. Le principe est simple : au fond de la mer, un ou plusieurs tuyaux, selon le cas, sont reliés à un compresseur d’air. Ce dernier génère un flux d’air, envoyé dans le tuyau percé qui laisse passer les bulles qui s’échappent, créant ainsi un véritable rideau de bulles, du fond de l’eau jusqu’à la surface.

Ce dispositif répond à un problème souvent rencontré dans les zones portuaires ou de plaisance : la fuite d’hydrocarbures (carburants, huiles de moteur, graisses) rejetés ou accidentellement versés lors d'un avitaillement à la station essence du port ou de la marina. Comme il s’agit d’écosystèmes semi-fermés où le renouvellement de l’eau est volontairement limité, la présence d’hydrocarbures y est quasi systématique (fuite de pistolets, débordement de réservoirs, résidus de vidange...), créant une fine pellicule à la surface ou se mélangeant à la colonne d’eau et aux sédiments. L’impact est dommageable à la fois pour les écosystèmes (asphyxie de la faune et la flore) et la toxicité (introduction de composants cancérigènes et bioaccumulables dans la chaîne alimentaire).

Adapté à tous les milieux (ports, marinas, fleuves, rivières, lacs, étangs), le dispositif ne perturbe ni la faune ni la flore, et n’a aucun impact sur l’environnement. Il peut cibler tous les déchets organiques et ordures du fond jusqu’à la surface de l’eau, et permet d’augmenter les niveaux d’oxygène dans l’eau, en préservant l’équilibre de l’écosystème environnant. Au-delà du gain de temps que cela représente, cette solution est avantageuse car elle ne nécessite pas de ressources humaines ou matérielles pour fonctionner, et consomme très peu d’électricité. CQFD !

[NDLR : on notera une similitude avec la technique utilisée par certaines baleines à bosses. Pour piéger krill et petits poissons vivant en groupes, leurs évents libèrent des bulles pour créer un rideau ascendant, véritable barrière visuelle qui fait croire aux proies qu'il n'y a aucune échappatoire. Une fois les proies cernées, les baleines n’ont plus qu’à les avaler.]